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commerce, aux députés des ports et. aux délégués des colonies de ne faire présenter qu'à la session prochaine (1864) la loi sur le droit de sortie du sucre de betterave. Les délégués du commerce étaient retournés dans les ports, ayant confiance, comme tous les intéressés, dans la parole donnée. En conséquence, un projet de loi qui n'avait trait quliu rendement à la raffinerie lut présenté par le Conseil d'État et envoyé h la Commission des douanes. Le rapport de M. Ancel était terminé, lorsque celui-ci fut prévenu par M. le ministre de commerce, et engagé à venir chez lui avec des intéressés. Une partie de la commission des douanes, des délégués des colonies, quelques autres délégués du commerce qui se trouvaient à Paris pour le moment, se rendirent chez M. le ministre. Là, celui-ci leur déclara que quelques heiiros auparavant, au conseil des ministres, M. le ministre de l'intérieur avait dit à l'empereur : que s'il ne revenait pas sur ses résolutions, ne mettait pas à néant les travaux du Conseil d'État et de la commission des douanes, lelection de M. Thiers était assurée à Valencienncs, les notables de Valenciennes le lui ayant déclaré quelques heures auparavant, et que cette mesure avait été décidée malgré son opposition. Après quelques l'éllexions de l'un des assistants, démontrant à M. le ministre du commerce qu'avec un pareil système — (qu'il avait, il est vrai, inauguré lui-môme en se servant des décrets pour détruire, après coup, la loi votée le 23 mai 1860, et préventivement, par un décret signé le 24 juin 1861 et promulgué le 16 juillet, la loi volée le 26 juin), — les opérations commerciales devenaient impossibles, puisqu'une opération, commencée sous une législation, se terminait toujours sous une autre, — les intéressés convinrent de rappeler tous ceux de leurs collègues qui n'étaient pas à Paris. Quelques jours après, ils se rendirent en grand nombre chez M. le ministre de l'intérieur. Deux membres de la commission des douanes exposèrent clairement à M. le ministre la situation et les inconvénients d'une semblable modification. L'un des intéressés prit la parole et demanda à M. le ministre la permission de lui faire une question à laquelle il espérait qu'il aurait la bienveillance de répondre. Il lui demanda s'il était vrai, comme l'avait déclaré M. le ministi'e du commerce, que sous la pression d'un seul ari-ondissement, et dans la crainte de l'élection de M. Thiers, il avait
tMiir.i.iié rem|tf>iviir à ne pas donnei" suite à la promesse qu'il avait faile. M. le niinislre répondit quel'électiox de m. thieus n'était pas tout a fait la raison de son intervention dans
CETTE AFFAIRE, MAIS QU'ELLE EN ÉTAIT BIEN l'OCCASION. UnC
(les personnes présentes, au nom de son dévouement éprouvé (|ui n'avait d'égal que celui de M. le ministre de l'intérieur, supplia celui-ci de ne pas persévérer dans une voie qui pouvait ôter à la majesté de l'empereur le prestige que leur plus cher désir était de lui conserver. Quelques jours après, l'empereur, mieu\ éclairé, eut la bienveillance d'accorder satisfaction à la justice de la cause qu'on avait défendue devant lui. »
Avec les temps et les choses, les mœurs politiques se modilienl.
En 1844. M. Charles Laflille fut envoyé à la Chandjrc des députés par le collège électoral de Louviers. M. Laflille était le concessionnaire de la ligne de Paris à Rouen et au Havre ; et il avait, en posant sa candidature, promis d'exécuter un embranchement de Saint-Pierre à Louviers. Pour ce seul fait, la Cliambre annula l'élection du cinquième collège de l'Eure. sans enquête. Une lutte s'engagea alors entre la Chambre et les électeurs. Quatre fois de suite M. Laffite fut élu et quatre fois la Chambre n'hésita pas à défaire l'œuvre des électeurs. De guerre lasse, à la cinquième élection, le député fut admis ; mais l'histoire n'a pas oublié les belles paroles de M. Dufaure \ et l'apostrophe brûlante par laquelle M. de Malleville terminait un discours demeuré célèbre.