AtUiires Gareau (ti-il)unal de Mt-aux
3. Protestation de M. Adrien Duniont (Drônie). Lettre de M. le procureur impérial de Nyons.
OU la saisie, des écrits électoraux, signés des candidats qui avaient l'audacieuse prétention d'enseigner à leurs électeurs leurs droits et leurs devoirs.
Dans le Gers, dans la Seine-et-Oise, dans la Haute-Loire, la lacération a lieu avec éclat, avec ensemble.
Dans le Lot-et-Garonne, l'honorable M. Baze rencontre dans le maire de Saint-Front une résistance insurmontable.il vient ;i Villeneuve cliercber des juges. Le président lui donne une ordonnance à fin d'assigner un fonctionnaire récalcitrant. Ce qui se passe alors est inouï. Le parquet défend à tous les huissiers du ressort de se charger de l'assignation avant l'élection passée, et la justice du pays, bon gré mal gré, interrompt son cours.
Pendant ce temps, le candidat officiel, étalant sur le papier immaculé et inviolable que se réserve l'administration les mérites qu'on lui prête, et les harangues qu'on fait pour lui, dispensé des droits de timbre, du dépôt au parquets des soucis de distribution et d'affichage, attend la fin, dans le repos d'une bonne conscience.
in. — Coups de théâtre.
La sécurité de l'opposition pendant les premiers jours de la lutte fut admirable.
L'atmosphère était paisible, l'autorité conciliante, la mauvaise volonté cédait devant un peu d'énergie, l'excès de zèle s'attirait même, en certains lieux, de douces réprimandes; l'administration était sur pied, non bienveillante, mais recueillie et comme indécise.
Il y eut, partout, un moment de confiance paradoxale et de folle espérance.
La tactique de l'administration était profonde. Ne point user ses forces, laisser l'adversaire s'éparpiller ; soi-même se concentrer, attendre, et tout réserver pour le suprême effort.
La victoire fut l'œuvre des huit derniers jours.
1. M. Labiche, candidat à Chartres, se présente au parquet pour déposer une réponse à je ne sais quel écrit en style villaçceois, distribué contre lui. Le procureur impérial lui apprend que cet écrit, dtcait un acte administratif, n"a pu être déposé au parquet.
R-2 DlSCOUnS ET OFMMONS.
C'élaiL (le bonne guerre, mais la guerre a son droit des gens. Aflicher à la dernière heure, se servir, à ce moment suprême, des paroles ou ûcs actes d'un canditiat qui ne peut plus répondre, est-ce de bonne guerre, même sous la plume d'un préfet qui combat pour son gendre? Ainsi fit, assure-l-on, le préfet de Seine-et-Oise contre M. Barthélémy Saint-Hilaire. Prendre une lettre d'un homme public, n'eu duiiiicr ([iic la moitié à SCS lecleurs. garder celle ([ui r\|ili(|iir on juslilii' l'aulre, ost-ce de bonne guerre, comme on lit la vi'ille du vote pour "M. de rJontalembert'?
Ou ne discute pas avec les masses, on les entraîne. C'est au di ruier moment qu'on les décide. Elles sont alors à qui ose les ]in luIre. C'est ainsi que les campagnes les mieux commencées [iciivent finira la débandade.
Quand on connaît le paysan, on sait par cœur toutes ses paniques, et l'on |)Ourrail les noter d'avance :
1" C'est un ennemi de l'empereui-, on va le jjoursuivre ;
2" Il est poursuivi ;
3" On I ai'réte ; la première un peu usée, la seconde agissant presque à coup sûr, la troisième irrésistible.
Le comité d'Aucii avait couvert de ses affiches tous les murs de la circonscription. Sous l'apparence d'une contravention -, l'ordre est donné de les arracher en masse. L'exécution a lieu la iiuil, aux fiandjeaux ; les gendarmes sont là. le sabre au poing.... Le lendemain, les mandats du juge d'instruction s'abattent de toutes parts : il en tombe trente à la fois dans la circonscription. Tout de suite, le bruit se répand que la tête du comité, un avocat, un grand seigneur, un agent de change gémissent sur la paille des cachots. Panique immense.
Dans le Loiret, le vote s'ouvre par une leçon d'histoire. - Une insurrection à Orléans, l'hôtel de ville envahi par l'émeute, la garde nationale el la troupe sauvant la société, M. Péreira en ])rison... Quand cela? Il y a douze ans. Le journal de la préfecture a exhumé cette vieille et petite alVaire. La préfecture a fait lire l'article par tous ses maires, en guise de prône électoral.
1. ]1 s'afrissait du vote de M. ilc Alontalemboi-t contre la réduction de l'impôt pu soi, à l'Assemblée constiluuiite.