‹ Discours et opinions de Jules FerryChapitre 33 sur 130 · Usage à peu pros iwiivcrsel · texte numérisé non relu

Usage à peu pros iwiivcrsel

3. Dépêche du préfet de Lot-et-Garonne, adressée aux maires de la eircon-

( A Cavaillon, pendant les deux joui's du vote, le commissaire de police, entouré d'une vingtaine d'aaents de l'autorité : gardes champêtres, gardes-canaux, cantonniers, fourriers de ville, secrétaires de la mairie, ofliciers de pompiers el gendarmes, est l'esté en permanence dans les pas-perdus de l'hôtel de ville, seul endroit par où les électeurs pouvaient passer pour se rendre à la salle du scrutin. Là, à mesure que les électeurs de la campagne arrivaient, ils étaient entourés par les agents de l'autoiité, qui leur faisaient exhiber non seulement leurs cartes d'électeurs, mais aussi leurs bulletins de vote; et si ceux-ci portaient le nom du candidat de l'opposition, ils étaient enlevés de leurs mains et remplacés par d'autres au nom du candidat ofliciel '. »

A Milhau (Aveyron), trait pour trait, la scène est la même-. Et Milhau, Cavaillon sont des villes.

Que sera-ce donc des petits villages ?

A Candebi'oude, dans l'Aude, au sommet de l'escalier qui conduit à la salle du vote, on a placé le buste impérial entouré de l'écharpe du maire. Les bulletins ofllciels y reposent dans les plis des trois couleurs. Au-dessous de l'image auguste, le maire a écrit : « Venez me défendre à l'arme blanche... avec des bulletins » (a ajouté le judicieux instituteur). Un garde, oi'né de la plaque de ses fonctions, les prend et les distribue ^ Avouons qu'il faut quelque assurance à un pauvre homme venant de son hameau pour traverser, tète haute, la haie des fonctionnaires, depuis le garde champêtre qui le suit de l'œil, jusqu'au maire qui le voit venir. Il y en a qui s'en vont sans votei-. « J'ai trouvé, dit naïvement l'un d'eux, M. le maire et l'instituteur sur la porte, si indisposés à voter pour l'opposition, que je m'en suis allé sans déposer mon vote"*. »

Tout est simple d'ailleurs pour les gens simples. Les bulletins opposants sont reconnus. On cite des maires de village qui n'ont pas scrupule de les ouvrir. Indiscrétion toute familière, sans doute, comme les admonestations qui l'accom-

scription de Villoncuve-crAgen, le jour du vote. — Article du Journal de la Viorne, du 30 mai.

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