‹ Discours et opinions de Jules FerryChapitre 36 sur 130 · LE PROCÈS DES TREIZE · texte numérisé non relu

LE PROCÈS DES TREIZE

et la cinquième circonscription de la Seine, une réunion électorale, tenue chez l'un des candidats, M. Garnier-Pagès, et à laquelle assistait M. Carnot, candidat dans la première circonscription, lut dissoute par la police. En même temps une perquisition fut faite chez M. Dréo, gendre de Garnier-Pagès et habitant la même maison. Plusieurs correspondances furent saisies. Aucune suite ne fut d'abord donnée à cette afTaire, mais le 16 juin, de nouvelles perquisitions furent faites chez divers citoyens (alors que la session législative était close depuis le i'8 mai) et, à la date du 2! juillet, une ordonnance de M. de Gonet, juge d'instruction, renvoya MM. Gai"nier-Pagès, Carnot, Dréo, Hérold, Clamageran, Floquet, J. Ferry, Durier, Corhon, Jozon, Hérisson, Melsheim et Bory devant le Tribunal de police correctionnelle de la Seine, sous la prévention d'avoir en 1863 et 1864, tait partie d'une association dont le siège était à Paris, ladite association composée de plus de vingt peisonnes et non autorisée.

Les plus illustres avocats : J. Favre, Grévy, Marie, Dufaure, Sénard, Picard, Hébert, etc., se disputèrent l'honneur de défendre les prévenus. L'avocat de M. Jules Ferry était M. Rerryer.

A l'audience du 5 août M. Dobignie, président de la 6'" Chambre, procéda à l'interrogatoire des prévenus. Voici en quels termes s'exprima M. Jules Ferry ^ :

« M. Lt PaûsiDKtsT. — Faisiez-vous partie du Comité?

M. Ferry. J'ai pris part à ti^ois espèces tl'actes. J'ai fait partie d'une réunion de jurisconsultes et d'avocats qui se sont mis à la disposition des électeurs depuis plusieurs années, en tout temps, à toute heure, en dehors de toutes les opérations électorales. J'ai été memhre de plusieurs comités électoraux, qui ont agi électoralement pendant la période légale. Enhn, j'ai entretenu des correspondances soit individuelles, soit collectives, mais toujours accidentelles et électorales, avec différentes personnes. Le caractère de ces correspondances est tel qu'à moins d'interdire toute espèce de communications politiques et même privées entre les citoyens, il est impossihle de les considérer comme constituant une aflîliation.

« A cet égard, je précise un fait sur lequel M. le juge d'instruction m'a interrogé et qui importe à la défense d'un de mes honorahles coprévenus. C'est moi qui suis un peu la cause de la présence de M. Melsheim dans le procès. J'ai échangé avec lui une correspondance qui est, je crois, comme le type de la plupart de celles que nous avons entretenues avec d'autres

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