L'Électeur du 14 janvier 1869. L'Heure des défeclions
DISCOIHS ET OIMMO.NS.
.onipoiiM-'o i.ar une facilité à reconsli-niro nôcessairemont rquivalonlo; ot fin'à tous, lun après l'autre, hôlas! ce peuple incou^laiit, ce peuple capricieux, ce peuple frivole, ce peuple ingouvernable, a fait obligeamment, largement la partie belle. !( Est-ce que vous croyez, par basard, que tlans ce dédain visible du Gouvernement qui nous régit, nous nous flattons, nous de l'opposition, d'être pour (luelque cbose? Nous y avons mis, sans doute, tout noire bon vouloir; mais nous étions, au milieu de cette grande France gelée d'il y a quinze ans, comme un l)àtcau pèclieur perdu dans les Ijanquises, et ce n'est pas notre faible souffle qui eût jamais fait la débâcle. C'est le Gouvernement lui-même qui a dégelé la France. C'est lui qui l'a tirée de sa létbargie par le fracas de ses fautes. Est-ce nous qui avons fait la guerre du Mexique? Est-ce nous qui avons laissé retourner la trame de l'bistoire à Sadowa? On n'eût rien fait de tout cela si l'on eût daigné nous croire. Ce n'est pas nous non plus qui avons bâti, d'une main à la fois si étourdie et si savante, le réseau de maladresses, cet imbroglio de petites colères et de petites rancunes, ce tissu de contresens aboutissant au ridicule que l'histoire appellera « la folie Baudin ». Les ofticieux trépignent de fureur et crient qu'on marcbe à l'abîme. Les satisfaits demandent qui a changé la France, alors .preux-mêmes n'ont pas cbangé. Les repus mettent le nez à la fenêtre, et disent : Qu'y a-t-il donc? Eb! bonnes gens, il y a que vous tenez les cartes et que vous faites le jeu, et qu'il sufilt de vous laisser faire... »
Certes oui ! il nx ;ivail qu'à laisser faire riiouime du 2 Décembre pour voir bieuLoL laliu de son aventure. Malheureusement, il tenait aussi entre ses mains, de jour en jour plus Ircmblanles et plus débiles, les destinées de la France en Europe.
A lire le discours d'ouverture des Chambres du 18 janvier 1869, on se rend compte tout ensemble des angoisses de cette Majesté malade et de son optimisme inconscient. Itien de plus douloureux, pour ceux qui se souviennent de l'Année terrible, que cette simple phrase sur l'état de l'armée: « Le but constant de nos efforts est atteint; les ressources militaires de la France sont désormais a la hauteur de ses destinées dans le monde'.