Voici quelques passades du discours du Trône
« Les deux lois votées dans votre dernière session, iiui avaient pour l3ut de développer le principe de la libre discussion, ont produit deux ellets opposés qu'il est utile de constater : d'un côté, la presse et les réunions
LE DISCOUliS DU 8 JANVIEH. laj
Dans rappréciatioD qu'il a donnée de ce discours* M. Jules Ferry il dressé le bilan des 17 années de « quiétude et de prospérité toujours croissantes » dont parlait le discours impérial, il insiste principalement sur les résultats désastreux de la politique extérieure de Napoléon III; mais, en présence des affirmations audacieuses du souverain, relativement à l'état de l'armée, M. Ferry ne pouvait penser, à cette époque, que les 8Û0000 hommes de troupes de ligne, à plus forte raison les 400 000 gardes nationaux, n'existaient que sur le papier; et que ce Gouvernement aveugle n'avait même pas su se préparer à une guerre que ses fautes avaient rendue fatale.
<( H y a dix-sept ans, la Prusse était faible et rAllemagne divisée : le monde entier nous était ami. Trente ans de paix et de liberté avaient effacé peu à peu le souvenir de nos tyi-annies européennes. La France était l'alliée naturelle des peuples libres et des petits États ; ceux-ci formaient autour de nos frontières une ceinture amicale ou, tout au moins, inoffensive... Aujourd'hui, où est l'amitié de l'Europe? L'Allemagne s'est faite sans nous et contre nous; les petits États s'évanouissent l'un après l'autre. L'Europe est la proie de trois ou quatre monarchies militaires, parmi lesquelles la France n'estpas la première. L'inventons-nous? et nous accuse-t-on d'accumuler les noires couleurs? Le discours du 18 janvier se chargerait de notre défense. La France était inquiète ; elle avait perdu la confiance,
publiques ont créé dans un certain milieu une agitation factice, et fait reparaître (les idées et des passions qu'on croyait éteintes; mais, d'un autre côté, la nation, insensible aux excitations les plus violentes, comptant sur ma termeté pour maintenir l'ordre, n'a pas senti s'ébranler sa foi dans l'avenir.
La loi militaire et les subsides accordés par votre patriotisme ont
contribué à affei-mir la confiance du pays, et dans le juste sentiment de sa fierté, il a éprouvé une réelle satisfaction le jour où il a vu qu'il était en mesure de faire face à toutes les éventualités. Les armées de terre et de mer, fortement constituées, sont sur le pied de paix; l'effectif maintenu sous les drapeiiux n'excède pas celui des régimes antérieurs, mais notre armement perfectionné, nos arsenaux et nos magasins remplis, nos réserves exercées, la garde nationale mobile en voie d'organisation, notre flotte transformée, nos places fortes en bon état, donnent à notre puissance un développement indispensable. Le but constant de mes efforts est atteint; les ressources militaires de la France sont désormais à la hauteur de ses destinées dans le monde.
Cette session va ajouter de nouveaux services à ceux que nous avons déjà rendus au pays. Bientôt, la nation, convoquée dans ses comices, sanctionnera la politique que nous avons suivie ; elle proclamera une fois de plus, par ses choix, qu'elle ne veut pas de révolution, mais qu'elle veut asseoir les destinées de la France sur l'intime alliance du pouvoir et de la liberté.