‹ Discours et opinions de Jules FerryChapitre 65 sur 130 · L'Électeur du 21 janvier 1869. Le discours du S janvier · texte numérisé non relu

L'Électeur du 21 janvier 1869. Le discours du S janvier

sa fiorU"' même semblait allcinle. Il a fallu pour rassurer '< sa lici'li'' », pour ranimer « sa confiance », armer jusqu'aux dents 800,(100 liounnes de troupes de ligne et 400,000 gardes nationaux, remplir les arsenaux, mettre en état les places, transformer la flotte et refaire l'armement... »

On sait, hélas ! que l'Empire, depuis Sadowa et mai^Té les avertissements qui lui avaient été prodigués pai- quelques militaires clairvoyants (comme le général Favé, le colonel Stoliel), ne s'était iiidicment rendu compte de la profonde infériorité de nos forces niililaires; et que, d'autre part, il n'avait rien fait pour imposer à sa niMJorité les mesures décisives qu'il eût fallu prendre. Personne iTignore que c'est à grand'peine que le Corps législatif vota la loi de 1868, si insuffisante qu'elle fût. 11 est vrai qu'après nos désastres, les impérialistes ont essayé d'accréditer celte légende que l'on doit rendre l'opposition responsable de l'incurie du Gouvernement, au point de vue de la réorganisation militaire. 11 serait facile de démontrer la mauvaise foi de ces affirmations. M. Darimon, peu suspect d'hostilité à l'Empire, rapporte, dans son Histoire de Douzi' (ins, une déclaration bien topique du général Lebrun, membre de la commission d'études de 1866 : « On ne peut pas, disait le général, augmenter le contingent : ce serait mécontenter les populations des campagnes et fournir aux partis hostiles un moyen d'exercer leur action délétère. Les députés de la majorité ne veulent pas qu'on touche à leurs électeurs. » Cela est si vrai qu'en décembre 1868, M. Gressier, l'ancien rapporteur de la loi militaire, ne fut nommé ministre (jue pour le dédommager de l'impopularité que lui avait value hï vote du 1<"" février 1868; et M. Darimon reconnaît que cette impopularité s'étendait à tous les membres de la majorité qui avaient voté cette loi, pourtant si peu proportionnée aux nécessités de la situation (I). Aussi faut-il conclure que si le système

1. Voici un autre passage du même écrivain qui n'est pas moins péreniptoire et qui fut écrit en 1867: « Il y a eu, ces jours passés, une petite tentative de la pari d'un certain nombre de députés pour faire retirer la loi militaire. Un quart d'heure avant la séance, un petit groupe s'était formé sous l'horloge qui est dans le couloir à gauche du président. On pressait fortement iM. Rouher, qui était au milieu du groupe, adossé à la cloison de marbre. C'étaient MM. Lacroix-Saint-Pierre et Galley-Saint-Paul qui portaient la parole : c Plus nous allons, disaient ces messieurs, plus la loi devient impopulaire. On a beau répéter sur tous les tons qu'elle est une alléiiuation de la loi de 1832. Les populations refusent de se rendre à l'évidence. »

Les in-éconciliab les' ?.ou?, l'Empire. Paris, Dentu 1888, p. 150.

Et plus loin, sous la date du 16 janvier 1868, M. Darimon atteste que l'armée prétorienne de Xapoléon III ne désirait nullement la réorganisation démocrali(iue de nos forces: « Dîné au mess du 4° voltigeurs de la garde :je n'ai pas trouvé u?i seul officier partisan de la loi nouvelle sur la réorganisation de l'armée. » Jbid., p. 168.

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