‹ Discours et opinions de Jules FerryChapitre 66 sur 130 · L'ARMKE ET LA MAJORITÉ · texte numérisé non relu

L'ARMKE ET LA MAJORITÉ

prussieu ne fut pas appliqué en France dès 1868, cela tient, non pas aux dissertations chimériques de Garnier-Pairés, que personne ne prenait au sérieux, mais, d'une part, à l'infatualion de certains généraux de cour et, d'autre part, à la crainte manifestée par tous les députes de mécontenter les électeurs des campagnes. Une fraction notal)]e de la bourgeoisie boursicotière et repue ne voulait pas davantage ouvrir les yeux à l'évidence. Elle ne voulait pas être troub ee dans la quiétude de son égoïsme et s'occupait beaucoup plus du spectre rouge que de l'orage qui allait fondre sur la patrie C est contre ces terreurs puériles, soigneusement entretenues par les journaux officieux, que sélève M.Jules Ferry dans plusieurs articles : ^

« Le grand défaut des honnêtes gens, disait déjà Voltaire, c est qu'ils sont lâches. Et ceux dont il parlait firent pourtant So! Ceux de notre temps n'ont su que défaire la République et la Liberté. >^

M Jules Ferry démontre que le coup d'État du 2 décembre est le

résultat de l'abdication et de la peur des classes bourgeoises On

leur avait promis la sécurité des affaires et la paix des esprits •

elles nont ni l'une ni l'autre, et voici qu'cà la veille des élections

■on sort de la boîte le spectre rougr.

« Les journaux officieux ont servi de Moniteurs aux clubs de Belleville et de la Redoute. On a présenté aux députés surpris les opinions dune douzaine de rêveurs, de braillards et d'écervelés comme l'opinion du peuple de Paris^ »

Grâce à ces manœuvres, l'opinion publique demeurait inerte. Les scandales les plus avérés ne soulevaient ni haine, ni colère M. Haussmann restait préfet, après la démonstration lumineuse qui avait mis en relief toutes les irrégularités de son administration. M. Jules Ferry ne peut comprendre que la Chambre, qui cependant avait blâme le potentat de l'Hôlel de Ville, ait fini par voter en .a faveur. . ^

« Ils ont volé : tout bruit s'est éteint; déjà l'esprit français passe a d'autres plaisirs... Ainsi vont, depuis bien des années, toutes nos affaires. Ainsi s'en revint-on naguère de la folie mexicaine, la mine piteuse, l'oreille basse ex, comme l'autre jour, s'agenouillant devant la Chambre : M. Rouher a un costume pour ces jours-là. Nous nous en allons de l'un à l'autre, nous disant : Avez-vous lu la confession du ministre d'État'?

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