I. \:Électi-ur du 4 février 1869. Une tactique usée
180 DISCOUKS KT OPIMONS.
(|u»'lli^ lieiiiv (loil faire le préfet de la Seine? Eh! regardez l»liil(il (|iielle ligure nous faisons nous-mêmes! Parisiens, t'iidciiés, ruinés sans le savoir, expropriés, exploités, pourchassés, dindonnés... Les choses peuvent aller longtemps de la sorte'.... »
Xoii ; ]es choses ne pouv.iienl. aller longtemps de la sorte, et nul ne mit plus d'énergie que M. Jules Ferry à montrer au pays l'aliîme où il courait. A VÉlecleur, dont le dernier numéro parut le 18 mars 1869, et qui se trouva supprimé par suite de la retraite de son f'érant A. Pasquet, succéda, le 2d mars, un nouvel organe qui s'appelait VElecleur libre. Le comité de dii^ection était toujours composé de MM. J. Favre, Hénon, E. Picard. A côté d'eux se groujièrent de nombreux et brillants collaborateurs : E. Laferrière, flaulier, L. Herbette, etc. M. Jules Ferry marchait en tète de ces adversaires de l'Empire. Dans le premier numéro de VÉlecleur libre, daté du 2o mars 1860, il met en garde les ouvriers contre les llaLleries intéressées du gouvernement personnel, et démontre qu'en abolissant le livret, au seuil de la période électorale, Napoléon III ne faisait que rendi'e aux ouvriers le bien qu'il leur avait pris, car c'est lui qui avait généralisé l'obligation du livret par la loi du 22 juin I8;i4 :
« Si nous pouvions oublier que nous vivons sous le gouvernement personnel le plus énergiquement constitué que l'on ait jamais connu, le chef de l'État se chargerait de nous le rappeler, à des époques en quelque sorte périodiques. Quoique l'on dise ou que l'on murmure, malgré les bruits qui courent de temps en temps dans l'entourage, en dépit des apparences parlementaires dont on nous hei'ne, et encore bien qu'il existe désormais un premier ministre, la responsabilité impériale n'est pas près de lenlrer dans l'ombre. Le chef de l'État revendi(jue plus que jamais, à la veille des élections générales, la responsabilité de toute la politique. Nous l'aimons mieux ainsi pour notre compte. La politiiiue intérieure et extérieure de la France est une politique personnelle; il n'y aurait ni franchise, ni profit à lui donner ce caractère bâtard, à moitié personnel, à moitié parlementaire, que le ministre principal de ce temps-ci cherchait visiblement à lui faire revêtir dans les deriiières discussions du Corps législatif : il s'elîorçait de mettre la responsabilité impériale à couvert, mais celle-ci n'est nulle-