‹ Discours et opinions de Jules FerryChapitre 69 sur 130 · DISCOURS ET OPIMO.NS · texte numérisé non relu

DISCOURS ET OPIMO.NS

(If's |)r(''t'i'ls. A Paris, le triomphe des Irrdc incUiables élait complcA. CamliotUi, IJuiicel (battaiU Ollivier), E. Picard, Jules Simon, Pelletan, étaient, élus au premier tour. Au ballottage du 7 juin, M. Tliiers fut élu par 15777 voix contre Devinck (9720); (larnier-Pagès par 19 4S4 contre Raspail (14G8i); Jules Favre par 17 399 contre H. Rochefort (13887;. Enlin, M. Jules Ferry obtint 15720 voix et fut élu contre M. Cocliin, (jui n'en réunit que 13 93S. M. Guéroult s'était désisté après Iç premier tour.

L'élection de M. Jules Ferry fut saluée avec enthousiasme par les Parisiens. Dans les soirées des 7 et 8 juin, il y eut des manifestations sur les boulevards. Les sergents de ville firent des charges et arrêtèrent de douze à quinze cents personnes qui furent envoyées au fort de Bicêti'e K Le liappcl fut saisi et des mandats d'amener furent lancés contre ses rédacteurs. Des procès furent intentés au National, au Siècle et au Réveil, et des milliers de personnes criaient : Vive la Rëpuhtique! M. Jules Ferry eut sa bonne part des ovations populaires, notamment dans la soirée du 7. « Vers huit heures et demie, dit le Vigaro-, M. Jules Ferry est allé à la rédaction du Temps; la foule lui a fait une véritable ovation, à laquelle il s'est dérobé le plus modestement et le plus intelligemment du monde. » VÉlecteur Uhre^ félicita chaudement son collaborateur de sa brillante campagne électorale : « La sixième circonscription de Paris vient de voir se renouveler l'animation des réunions publiques qui Tavaient <léjà signalée. Comme avant le premier tour de scrivtin,

de nous iiieltre, comme on dit à présent, dans un comité technique. Mais, sauf sur ce point, qu'on pouvait corriger en changeant un seul chiffre, toutes nos idées étaient justes.

« Mettre fin au système des prétoriens ;

u Adoucir le joug du service militaire en l'imposant ;'i tous les citoyens dans des conditions identiques;

« Rendre la mobilisation facile ; avoir une armée de réserve si bien encadrée et si bien instruite qu'il fût impossible à une armée étrangère de pénétrer dans le pays.

' « ArracVier des mains du pouvoir l'arme des conquêtes ; réduii-e l'armée à son rôle pacifique, qui est la défense du territoire, et à son rôle conservateur, qui est le maintien de Tordre.

« Telles sont les idées générales auxquelles nous obéissions. Nous avons devancé non seulement le système actuel, mais le système du maréchal Niel, ijui n'a été proposé qu'après le nôtre.

" Que nous ayons depuis lutté pour obtenir une plus longue durée du service actif, on ne peut nous le reprocher comme une contradiction, d'abord parce que la réserve est loin d'obtenir, dans le système eu vigueur, une Instruclion égale à celle que nous lui donnions ; ensuite parce qu'il ne s'agit plus, hélas ! de croire que la France est inattaijuable, et d'atfinuer que l'ère des conquêtes est définitivement passée pour nous et pour les autres.

<i Autre temps, autre loi de recrutement ».

1. Voir Darimon. Les Cent-Seize et le mi7ii!itère du 2 janvier, p. 13.

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