‹ Discours et opinions de Jules FerryChapitre 74 sur 130 · DISCOLHS I:T 01'1M0.\S · texte numérisé non relu

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linêc^ cl fosl ainsi que le pouvoir personnel, an moment même où il a rail- de céder à la volonté populaire, donne, à la face du pays, la preuve la plus manifeste de son accablante omnipotence.

Pour vous, chers concitoyens, qui ne croyez ni à refficacilé des compromis, ni à la durée des replâtrages, vous ne vous laisserez pas prendre à ces velléités réformatrices : vous en prévoyez trop aisément rinévitable avortement. Les gouvernements sont soumis, comme toutes les choses de ce monde, à des lois nécessaires : ils ne se font pas, à leur gré, et par un acte de leur fantaisie, despotiques ou parlementaires.

On ne sort des crises politiques analogues à celles que nous traversons (pi'en se rappelant, à temps, que, dans une démocratie libre, le suffrage universel ne cesse jamais d'être le premier principe, la source toujours vivante du pouvoir constituant. Autrement, nous bâtissons sur le sable, et les événements se diargent de nous rappeler les principes méconnus et les droits

foulés aux pieds.

Jules Ferry,

Déimté de la 6« circonscription de la Seine.

Paris, 23 juillet 1809.

L'élection de Rochefort.

I)';i illeurs, comme le disait M. Jules Ferry daus sa lettre, le gouvernement reconnaissait lui-même que le régime de 18Ô2 n etail plus viable, puisque le Sénat était appelé à délibérer, daus le même temps sur un projet de sénatus-consulte. destiné à introduire de .-raves modifications dans la Constitution. Le prince Napoléon prononça même un discours pour approuver la translormation des institutions dans le sens de la liberté. Au surplus, FEmpereur paraissail, incapable de gouverner. Son état de santé mquielait vivement la cour; le séjour qu'il fit à Vichy, en septembre t80iJ, ne le rétablit pas. Le maréchal Niel venait de mourir d'une maladie analogue. La province, jusque-là si calme, secouait sa torpeur et es masses ouvrières faisaient appel à la violence pour réaliser les cbimères dont le socialisme incohérent du souverain avait favorise le développement. C'est le 8 octobre d869 que se produisit la collision entre la troupe et les mineurs d'Aubin. 11 y eut, du côté des manilestanls, 16 tués et 20 blessés. L'elfet de cette bagarre fut immense. On le vit aux élections partielles des 21-22 novembre 1869. Il s agissait de remplacer dans les première, troisième quatrième ethuitieme circonscriptions de la Seine Gambetta, Bancel, E. Picard et J. Simon

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(|iii avaient opté pour les départements, et Bourbeau et A. Leroux, nommés ministres avant le derniersénatus-consulte.Cesdeux derniers furent réélus dans la Vienne et la Vendée, mais, à Paris, Rochéfort l'emporta sur Carnot, Crémieux sur Pouyer-Quertier et Emmanuel Arapo sur Alphonse Gent. Dans la quatrième circonscription, Glais- Bizoin obtint 13 3b3 voix contre H. Brissou (6 910 voix) et Allou 7816'. L'élection de Rochéfort eut pour résultat d'exaspérer l'Empereur et d'ajourner la constitution d'un nouveau cabinet. Mais les mouvements qui se produisirent dans le sein de la Chambre ne tardèrent pas à forcer la main au Pouvoir exécutif. Un manifeste élaboré par la gauche, qui s'était réunie les 14 et 15 novembre, réclama l'élection des maires et une refonte complètede noire système militaire, ayant pour sanction la restitution au Parlement du droit de déclarer la guerre. Ce manifeste portait 27 signatures, notamment celle de M. Jules Ferry. MM. Barthélémy Saiul-Hilaire et Lefèvre-Pontalis avaient également donné leur adhésion, à côté de Gambetta, Grévy, Picard, Bancel, .1. Simon, J. Favre, etc.

Discours sur les élections.

Dés l'ouverture de la session (30 novembre), la gauche reprit courageusement sa campagne contre les falsifications du suffrage universel et contre la candidature officielle. M. Jules Ferry se signala entre tous par l'énergie de son altitude et la vivacité de son indignation. Dans la séance du 8 décembre', il attaqua l'élection de M. Dréolle (qui n'avait d'ailleurs été validée par le quatrième bureau de la Chambre qu'à la majorité de quatre voix). Dans la séance du 9, il se chargea de développer les protestations déposées contre l'élection de M. Chaix-d'Est-Ange dans la cinquième circonscription de la Gironde*. Les faits articulés étaient si pertinents etsi scandaleux que, dans le quatrième bureau, une majorité ne put se former, H voix s'étant prononcées pour la validation et H contre. M. de Bouteiller, rapporteur, s'était contenté de présenter sommairement les arguments de l'attaque et ceux de la défense, en laissant à la

1. Le ballottage, peu favorable au champion du radicalisme, inspira à Ernest Picard les réflexions suivantes : « Le radicalisme n'est pas une politique, c'est une attitude; et les électeurs ne nous envoient pas à la Chambre pour attendre, mais pour agir: ils nous demandent d'être inflexibles dans nos principes et dans notre indépendance, mais ils nous sauraient mauvais gré de sacrifier leurs intérêts présents au stérile plaisir de faire des déclarations empreintes du plus pur radicalisme. » Électeur libre, n° du 23 novembre 1869.

2. L'Empereur, dans son discours du Trône (29 novembre 1869), promit de choisir les maires au sein des Conseils municipaux et de faire élire le Conseil municipal de Paris par le Corps législatif.

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