Journal officiel du 13 avril
;jOi; DISCOURS 1;t cl'I.MOiXS.
iimii- luolesltT conlre la fermeluie par le niinislic dr riiislruction l>iililu|iie, M. Sefjfi'is, de la Faculté tic médociiic, à la suile des munil'eslatioiis dirif,'écs contre M. Tardieu. Cette mesure interrompait les »^ludes de deux mille jeunes gens. M. Jules Ferry s'exprima en ces termes :
M. ,luLES Feurv. — Messieurs, je vomirais adresser une question à M. le ministre de l'Instruction publique.
Je viens appeler son attention sur la situation actuelle de l'École de médecine. C'est un sujet beaucoup moins brûlant que tous ceux qui nous occupent depuis quelques jours, mais il n'est jamais indiiïc'rent que deux mille jeunes gens se trouvent, privés d'études, sur le pavé de Paris. [Mouvements divers.)
Vous savez qu'à la suite de tumultes violents et réitérés, dont je n'entends en aucune manière prendre la défense, M. le ministre de l'Instruction publique a signé un arrêté qui ferme d'une manière absolue, pendant le délai d'un mois, les cours, les bibliotlièques et jusqu'aux cliniques des bôpitaux.
Je ne veux pas examiner l'origine du conflit survenu entre les élèves de l'école et un de leurs professeurs. [Parlez!)
L(! fond du débat n'appartient en rien à cette Chambre.
Quelques membrea. — Mais si ! au rontraiie.
M. Jules Ferry. — J'en dirai seulement ce simple mot : c'est (pi'il ne faut pas croire — et je vous prie de considérer que je n'apporte ici (|ue des renseignements sérieusement et personni'llemeiU contrôlés — il ne faut pas croire, comme se l'imagine une partie du public, que les troubles de l'École de médecine soient l'elïet d'une turbulence sans motif ou d'une passion politiipie.
Au fond, messieurs, dans ce conllit. dont je ne veux pas vous faire juge, parce qu'il ne nous appartient pas, j'affirme qu'il y a chez les étudiants, sous une forme violente sans doute et que personne ne peut défendre, un sentiment délicat et tout professionnel; ils croient, à tort ou à raison, que les rapports des médecins légistes avec le parquet, avec l'accusation dans les aiïaires criminelles, n'ont pas toujours conservé toute la réserve et totite la retenue obligatoires.
Voilà le sentiment qui se tradiiil, je le ivpète, d'une manière violeide. inconsidérée; mais c'est un sentiineut élevé et