‹ Discours et opinionsChapitre 14 sur 21 · SECONDE LETTRE A MM. LES COMMISSAIRES DU TIERS-ÉTAT DE MARSEILLE · texte numérisé non relu

SECONDE LETTRE A MM. LES COMMISSAIRES DU TIERS-ÉTAT DE MARSEILLE

Messieurs,

Il est vraiment cruel pour moi de recevoir à chaque instant de nouvelles marques de votre bonté, lorsque votre suffrage absorbe déjà toute ma reconnaissance. Je n'avais besoin que du procès verbal de mon élection ; et je regrette bien la peine que je donne à tout le monde.

J'ai eu l'honneur de vous faire part des motifs de mon option : j'ai épuisé mon courage à écrire la lettre qui les renferme; et vous venez de mettre ma sensibilité à une nouvelle épreuve O Marseille 1 ville antique, ville superbe, asile de la liberté , puisse la régénération qui se prépare pour le royaume verser sur toi tous ses bienfaits I II ne me reste plus de voix pour te dire ni ce que je sens, ni ce que je pense : mais il me reste un cœur ; il est inépuisable, et je fais des vœux.

Je vous en conjure , messieurs ; veuillez faire agréer à MM. les électeurs mes profondes excuses, je dirai même mes regrets. Je suis, je serai député de Marseille par mes efforts à seconder ses véritables intérêts. Elle est ma patrie ; je suis son fils. Tout député, s'il connaît ses véritables devoirs, doit être le député du royaume. Admis dans la lice, je recevrai toute l'influence de vos suffrages; je profiterai des lumières de vos honorables députés; je leur

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ferai part de toute ma conduite; je me regarderai comme leur frère , né du même scrutin ; et Marseille aura réellement cinq députés. Que me manque-t-il pour avoir ce titre? votre suffrage : j'ai eu le bonheur de l'obtenir ; mon cœur , mes efforts , ils sont à vous !

DE MIRABEAU. i5i

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