SÉANCE DU 5 FÉVRIER
Il me semble que plus les dangers augmentent , plus on doit s'attacher aux principes. C'est là le moyen de dissiper les orages , et sans cela, messieurs , on serait soi-même victime de son propre zèle, si l'on introduisait dans l'État une puissance hors de la constitution ; cette puissance serait les comités. Ils n'ont point un caractère légal, ni reconnu par la constitution. Ils sont un moyen préparatoire pour vos divers travaux, aucune autorité ne peut les reconnaître , ni conséquemment correspondre avec eux. Leur correspondance ne ferait point une preuve ici , elle serait dans l'État une chose monstrueuse ; vos comités finiraient par être plus puissans que les assemblées constituées et que l'Assemblée elle-même.
(Murmures des tribunes.)
L'homme qui a des principes de liberté et qui les a puisés dans ceux de Jean-Jacques, a un caractère d'une trempe à ne pas s'émouvoir des murmures , de quelque côté qu'ils partent ; mais le Corps-Législatif doit à sa dignité de réprimer des mouvemens séditieux qui finiraient par perdre la liberté elle-même.
Je continue maintenant, et je dis, que chacun des citoyens se rappelle la puissance des anciens comités de l'Assemblée constituante. Souvent chacun de nous a gémi sur la nécessité où les circonstances mettaient les autorités constituées, de plier ^ous le poids des comités. Je crois que personne ne veut ramener une chose aussi dangereuse pour la liberté publique ; et la motion de M. Bazire n'aurait pas d'autre but, quoique j'imagine qu'une telle pensée ne soit pas dans son cœur , mais les effets en seraient certainement les mêmes. Je demande donc que, se conformant aux principes de la constitution , l'on n'adopte pas la proposition de M. Bazire.
SUR LE DECRET