RELATIF AUX MILITAIRES DÉSERTEURS
s4&!fCE DU 17 MAI 1792.
Le crime de désertion sera-t-il puni de la même peine pour les soldats , sous-ofliciers et officiers. L'épreuve par assis et le\é est doutense. Plusieurs voix : L'appel nominal.
5a DISCOURS ET OPINIONS.
On demande l'appel nominal, on ne peut le refuser. Il f^ut procurer à nos collègues , ( regardant une des extrémités de% la salle ) l'infâme satisfaction de l'adresse au département.
Art. XV : « Tout officier qui donnera sa démission ne pourra «I plus à l'avenir occuper aucun grade dans l'armée. »
M. Brival propose par amendement d'ajouter qu'il ne pourra en outre obtenir aucun emploi civil.
Dans un moment où la patrie est en danger, un officier qui quitte son poste est indigne de la servir à jamais ; mais il peut se trouver beaucoup de circonstances où un officier est obligé de donner sa démission , et si vous adoptiez purement et simplement l'article proposé , vous perdriez d'excellens citoyens et de très-bons militaires. Je citerai , par exemple , M. Rochambeau fils, auquel tous les patriotes rendent hommage : M. Rochambeau fils a été forcé de donner sa démission, parce qu'il a pensé être assassiné.
(Murmures d'une partie de l'Assemblée.)
Plusieurs voix: Ce n'est pas vrai.
Il n'y a pas de doute que cela ne soit, et M. Rochambeau fils n'est pas le seul exemple que je puisse citer. Les soldats revenus de leur égarement connaissent lés traîtres qui ont dirigé leurs coups sur le défenseur, sur l'ami de la liberté ; ces soldats se repentent actuellement de cette infâme conduite, et je demande si, par l'adoption de l'article du comité , vous ne priveriez pas la patrie d'un bon officier, et les soldats du parti qu'ils peuvent tirer de leur repentir en ne leur rendant pas
M. Rochambeau* Il faut donc, messieurs, que cet article soit amendé ; car, dans les circonstances actuelles , où Ton cherche à semer la défiance dans tous les cœurs, où Ton empoisonne tous lessentimens,oii l'homme qui, depuis son enfance, n'a cessé d'être l'ami de la liberté, est présenté comme l'apôtre de l'esclavage; je dis que dans le moment où les (actions s'agitent en tous sens , où les factieux prennent tous les masques et tous les moyens, il faut laisser à l'honnête homme celui d'échapper au fer des assassins, et de servir encore sa patrie; en me résumant , je dis qu'un officier a une cause légitime de donner sa démission , quand il a pensé de venir la victime de la fureur de ses soldats, ou quand il croit avoir perdu leur confiance. C'est le seul motif qui ait déterminé M. Rochambeau fils à la donner. Celui qui a su braver avec tant de courage le feu des ennemis, ne craint pas le fer des assassins , mais un patriote tel que lui quitte un poste , lorsqu'il voit l'impossibilité de continuer à y faire le bien, il le quitte en gémissant, et pour défendre encore la cause de la liberté , il rentre dans les rangs , et prouvera à ses frères d'armes qu'il sait obéir comme il a su commander.
Je sais que l'article proposé n'est nullement applicable à M. Rochambeau fils ; mais comme des événeraens passés peuvent inspirer la crainte qu'ils ne viennent à se renouveler, je demande donc que l'Assemblée nationale adopte pour amende* ment sans cause légitime et décrète l'article ainsi rédigé:
« Tout officier qui, après la publication du présent « décret , donnera sa démission sans cause légitime, « ne pourra plus être employé dans l'armée. »
DISCUSSION
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