SÉANCE DU 8 OCTOBRE I79I
Je demande que M. Dermigny soit entendu à la barre. La motion de passer à l'ordre du jour me paraît extrêmement dangereuse. Il est profondément impolitique de traiter légèrement un pareil délit Messieurs, ce délit est tellement grave qu'il
1 M. Goupil leau, député, s'était plaint des menaces de M. Dermigny, aide major de la garde nationale. Il l'accusait de lui avoir dit, entre autres choses, que, « s'il persistait dans ses principes, il le hacherait avec ses baïonnettes. » Après avoir, entendu la défense de M. Dermigny , rassemblée passa à Tordre, du jour.
outrage la majesté du peuple; mais M. Dermigny est accusé, il a le droit d'être entendu. S'il ne s'agissait que d'une injure individuelle, je m'en rapporterais au cœur de celui qui a été insulté pour la repousser, ou par le mépris, ou par le sentiment encore plus généreux du pardop ; mais il s'agit ici d'une injure faite à un représentant de la nation, d'une violation de la loi; il s'agit de la profanation du sanctuaire de la liberté; il s'agit, enfin, desavoir si l'on pourra venir influencer nos opinions par la menace des baïonnettes.
(Applaudissemens.)
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