FLORÉAL
A 9 heures du soir, les orateurs du gouvernement et ceux du Tribunat furent introduits dans le sein du Corps -Législatif.
La salle était mai éclairée , les auditeurs étaient tellement nombreux , que les étrangers, hommes et femmes, avaient pris place sur les bancs des législateurs.
Lucien, comme rapporteur du Tribunat, eut le premier la parole. Il avait ajouté à son rapport une réfutation de l'opinion de Savoye, elle était fortement raisonnée.
Son débit fut très-remarquable, et plusieurs parties qui, la veille , n'avaient point produit un grand effet au Tribunat, en produisirent beaucoup.
j6o DISCOURS ET OPINIONS.
Personne ne prononce mieux que Lucien, et personne ne se possède davantage, il articule avec netteté, débite avec lenteur : ce sont les deux meilleurs moyens de se faire entendre dans une salle extrêmement ingrate.
Son discours fut écouté avec attention , il eut Fart de la sou* tenir jusqu'à la fin.
Rœderer lui succéda. Son opinion fut au moins aussi longue que celle de Lucien. U y avait beaucoup moins d'effets oratoires , le commencement et la fin en furent goûtés. Son discours gagne beaucoup à être lu.
Fréçiiie avait le droit de parler, il ne voulut point le perdre; il répéta ce qu'il avait dit la veille au Tribunat , il fut moins écouté , conséquemment moins entendu.
Lorsque Girardin parut à la tribune, Ton demanda la clôture de la discussion , il ne parvint à obtenir la parole qu'après avoir promis qu'il présenterait un résumé qui ne durerait pas plus de dix minutes. Pendant toute la durée de son opinion , il fui tourmenté de l'idée que l'Assemblée était ennuyée , et qu'il lui devait d'arriver promptement à la conclusion. Cette pensée, toujours présente à son esprit, lui fit mettre de la précipitation dans son débit , et répandit beaucoup de monotonie sur sa manière de lire. Voici son discours :