‹ Discours et opinions, journal et souvenirs de S. Girardin (volume 2)Chapitre 78 sur 98 · RELATIF A LA. CRÉATION D ANNUITES · texte numérisé non relu

RELATIF A LA. CRÉATION D ANNUITES

SÉANCE DU 22 révBIEB 182I.

Messieurs,

Tout ce qui pouvak se dire, pour ou contre le projet de loi, soumis à votre examen, a été dit; et maintenant l'opinion de chacun de nous sur les avantages ou les inconvéniens de ce projet est formée.

Nous touchons donc au moment où nous al* Ions adopter ou rejeter ce projet de loi; mate pour

47* DISCOURS J?T OPI1UONS.

voter fen toute sûreté de conscience, j'ai besoin de demander à M. le ministre des affaires étrangères, des éclaircisseraens qui me paraissent indispensables.

Je vais m'expliquer nettement.

On a répandu, depuis quelques jours, le bruit que les ministres de S. M. envoyés à Lajrbach , pour assister au congrès, ont adhéré à un traité, çn vertu duquel les hostilités sont , ou vont être commencées contre les Napolitains.

On ajoute que la France est engagée, par le même traité, à fournir à l'Autriche quinze millions au moins, pour subvenir à payer une partie des frais de l'expédition contre IN a pies.

Ou assure enfin que, si le projet de loi que nous discutons est admis, il donnera facilement les moyens de trouver cette somme, sans être obligé de voua la demander.

Maintenant que mes questions ont été posées, je cède la tribune à M. le baron Pasquier, pour qu'il puisse y répondre; convaincu que je suis, qu'il va saisir avec empressement une occasion aussi favorable de détruire des bruits semés sans doute par les ennemis du gouvernement.

Je connais assez S. E. pour être intimement persuadé qu'elle me saura gré de lui avoir ménagé l'heureuse possibilité de donner à cette chambre des explications que l'Europe et la France attendent avec une égale impatience.

M. le ministre des affaires étrangères, persistant à garder le silence, et paraissant être bien décidé

à ne pas vouloir le rompre, me permettra de considérer ce silence ministériel comme très-significatif.

Je regarde donc maintenant comme prouvé, ce qui me paraissait n'être que douteux. En conséquence , je vote contre une loi qui peut fournir au gouvernement la facilité de prendre une part quelconque à une guerre injuste, impolitique, impie, entreprise contre l'indépendance d'une nation généreuse, amie naturelle de la France; et qui devrait lui être devenue plus -chère encore, depuis qu'elle a conquis la liberté, et lié son sort à celui des gouvernemens représentatifs.

Je vote donc contre une loi dont le but secret pourrait être non moins funeste à la gloire de la France, qu'aux intérêts de la maison de Bourbon.

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