SUR LES COURSES DES CHEVAUX
4L£S ÉCOLES VjferfRlN AIRES, ET LES PROCESSEURS DU CONSERVATOIRE DES ARTS ET MÉTIERS.
SÉAlfCB du 9 juin i8»l.
Messieurs,
Votre commission , fidèle jusqu'à présent à son système de laconisme, aurait cru y porter atteinte, si son rapporteur vous avait donné sur le chapitre 3, dont la dépense s'élève à près de quatre millions, des renseignemens que chacun de vous, sans doute, eût été bien aise d'avoir; car quel est celui de nous qui n'attache pas de prit à savoir si les fonds votés dans cette chambre ont été bien employés, et quel a été le résultat de cet emploi ?
Par exemple, n'aurait-on pas désiré que la commission fût entrée dans quelques détails sur l'administration des haras; qu'elle eut indiqué le tien qui en résultait pour la France; qu'elle nous eût fait connaître les points où elle pourrait être améliorée? Si elle eût exercé sur cette branche essentielle de l'économie publique une sévère investigation, elle y aurait découvert, j'en suis persuadé, beaucoup d'abus qui auraient été signalés: elle murait reconnu que cette administration aurait besoin , pour prospérer* d'avoir à sa tête un dàreo» m. 36
56a DISCOURS -et OPINIONS.
teur : que toutes les parties en sontéparses aujourd'hui, et qu'il serait utile de les réunir: elles manquent de l'unité qui établirait une régularité dont elle est entièrement privée.
Votre commission aurait vu, en s'occupant des détails de cette administration , combien de places y ont été données par la faveur, tandis qu'elles n'auraient dû être accordées qu'au mérite: elle y - aurait trouvé des preuves multipliées que des places importantes sont occupées dans cette administration par des bommes totalement incapables de les remplir.
Mes occupations ne m'ont pas permis de pouvoir vous présenter cette année un travail complet sur l'administration des haras; je vous le soumettrai dans une de nos prochaines sessions, et je ferai ce que votre administration aurait dû faire dans celle-ci.
Nous devons cependant conjecturer, d'après une phrase de M. le rapporteur , qu'elle a cherché à se procurer quelques renseignemens auprès de M. le ministre de l'intérieur, puisqu'elle a su que dans la somme de cent mille francs accordée pour primes d'encouragement, se trouvait comprise celle de 3a mille fr. employée à payer les frais oocasionés par les courses de chevaux : elle vous a proposé de supprimer cette somme parce qu'elle regarde, a-t-elle dit, les courses comme un pur objet de luxe.
Voilà ce qui a été dit par M. le rapporteur, et ce qu'il ne s'est pas donnç la peine de prouver.
Je suis convaincu que s'il eût voulu prendre le soin d'approfondir cette question, il aurait reconnu l'utilité des courses de chevaux: qu'il aurait vu qu'elle contribuent puissamment à l'amélioration des races; qu'elles entretiennent parmi les propriétaires de chevaux une salutaire amélioration , et que l'établissement des courses en Angleterre a été la cause principale de la perfection où sont arrivés les chevaux anglais. Outre l'avantage de réunir une fois par an les meilleurs chevaux d'un département dans le chef-lieu de la préfecture, vous y rencontrerez encore celui d'y rassembler beaucoup de connaisseurs , et ce qui vaut peut-être mieux encore, beaucoup d'acheteurs. La valeur des chevaux qui gagnent les prix augmente considérablement , et comme les chevaux ne les obtiennent jamais qu'à raison de leurs qualités, l'on trouve que les courses sont un moyen assuré d'avoir les meilleurs étalons possibles.
Ces avantages et beaucoup d'autres encore qu'il serait trop long de vous détailler ici, auraient dû déterminer la commission à ne pas vous proposer d'en priver la France, à l'effet d'obtenir pour elle une économie de 3?,ooo fr. sur un budget de près d'un milliard.
Les courses de chevaux sont un grand bien pour l'État, et vous ne voudrez pas l'en priver en adoptant la proposition de votre commission.
Je me résume en votant contre.