DU BUDGET DU MINISTÈRE DE L* INTÉRIEUR
Sciences, belles-lettres et beaux arts.
SEANCE DU ia JUIN l8ai.
Je crois devoir , messieurs, vous rappeler le beau langage tenu l'année dernière, à cette tribune, par le rapporteur de votre commission des dépenses, pour vous faire adopter la somme demandée pour contribuer aux progrès des sciences, belles lettres et beaux-arts. Il vous disait : « donner « aux sciences et aux arts, c'est recruter notre « véritable armée , celle qui nous assure des con- « quêtes que ne pourront nous ravir ni les glaces « du nord; ni les feux du midi; et si, mettant un « moment à part tout ce qui tient à la gloire de la « nation, nous nous attachons seulement à ce qui « augmente sa richesse, nous verrons encore que « les progrès des sciences et des arts ont créé de « nouvelles branches de commerce, perfectionné « notre industrie, élargi notre place sur les marchés
CHAMBRE DES DÉPUTÉS! $8ï
t « étrangers , de sorte qu'en secondant ces progrès
y ce nous ne faisons pas seulement une chose hono-
t « rable, niais un très-bon calcul. »
Ce calcul apparemment n'a pas paru aussi bon à votre commission du budget, et son rapporteur, sans en contester toutefois l'exactitude et l'utilité, s'est borné à proposer une réduction de 60,000 fr. sur le chapitre 5; quoiqu'elle ne soit pas motivée, il est facile de s'apercevoir qu'elle prend sa source dans ce que M. le rapporteur vous a dit sur le chapitre 4 9 et dans le désir qu'a témoigné la commis*
> sion de supprimer l'instruction gratuite et les en-
couragemeris à donner à l'instruction primaire.
La commission, quoique composée d'hommes très-éclairés, raisonne un peu à la manière des barbares; mais vous, messieurs, vous ne le serez point assez sans doute, pour ne pas préférer l'opinion émise l'année dernière par M. Beugnot, à celle présentée cette année par M. de Bourienne.
Je vote en conséqueoce.contre le retranchement demandé, ne voulant m'associer, en aucune manière, à rien de ce qui pourrait contribuera éteindre les lumières, qui, selon moi, ne peuvent jamais briller de trop d'éclat.
58a DISCOURS ET OPINIONS.
SUR LE TRAITEMENT DES PRÉFETS, etc.,