‹ Discours et opinions, journal et souvenirs de S. GirardinChapitre 39 sur 53 · I>E LA DOUBLE ÉLEGTIOPI DE M. DE MARG0A17GY · texte numérisé non relu

I>E LA DOUBLE ÉLEGTIOPI DE M. DE MARG0A17GY

DAVS I^ «OAD BT DAITS LA KlAvHB.

siAHCKDU i5 FivB»a 18^3.

N. B. M. Borel de Brétizel propose à la chambre de déclarer nulle Félection de M. de Marchangy '.

* J'ayais demandé la parole après le rapporteur ; mon opirdoH arait été écrite dans la matinée du samedi ; il me fut impossible de parrenir à en lire dix lignes.

Le président de la chambre (M. Ravez) n'a jamais été aussi partial que dans cette circonstance ; je ne puis concerim encore le moâf d'une aussi grande partialité ; je suis resté près de deux lieures à la tribune, après y avoir été ramené par un amendement improvisé par M. Méchiui uniquement pour y favoriser mon retour.

La réplique de Jf. de FHkiœmty préfet de la Nièvre 9 ou phxt^t sa justification y était écrite ; elle était excessivement injurieuse pour le côté gauche, et amena l'interruption violente àeM,dela Pàmmeraye , qui loi dit jusqu'à trois fob qu'il était vn insolent. (Propos que M, de FiUemewfe assure n'avoir point entendu , et n'avoir appris que par les journaux.) Je crois devoir consigner ici ce qui s'est passé à l'occasion de la brusque interruption de M, delà Fommentjre,

M. de ViUeneuve^ dans la réponse écrite qu'il crut devoir m'adresscr y se tourna vers le côté gauche y en l'accusant d'être composé de gens qui n'étaient rien moins que dévoués au roi»

M. de ta Pommeraye , qui siège à la gauche, ayant considéré le geste et les paroles de M. de FHkneu»e comme des inso-

a8o DISCOURS £T OPINIONS.

knces , lui dît , à trois reprises différentes , et en se ten^t debout : Foms êtes un insolent!

Le lendemain i6 février, M, de Chàteaudtmbie est vena étuei moi dans la matinée , et m'a dit qu'il était lié d'intimité avec M. de FÏUeneuQe, qui, selon lui, n'avait point entendu, dans la séance d'hier, le propos qui lui avait été tenn par M, de Im, Pommert^ef et qu'il l'ignorerait encore, s'il n'avait été répété par les journaux.

M. de Chdteandouble me parla de madame de ViOenempe^ de ses enfans', et de l'espérance qu'elle avait que je voudrais bien me charger d'arranger une affaire dont j'avais été la canse indirecte. Je répondis k M. de Ckdteaudoubie qne ce modf n'était pas nécessaire pour m'y déterminer ; mais que je ne pouvais pas lui dissimuler que ce serait une chose fort difllcile avec un homme du caractère de Jf. de la Pommen^re,

« M. deVillenewe^ me ait M, de Chàteaudouble , vient de « lui écrire pour lui déclarer que son intention n'a jamais été « d'insulter, ni lui, ni ses collègues. Une semblable dédaratiaB « de la part de M. de la Pommeraye pourrait tout concilier: « il faudrait simplement que, dans sa réponse, il dît, c'eetinsa- « lent l au lieu de vous êtes un insolent, »

Je quittai Jf. de Chàteaudouble ^ pour me rendre dies if Pommante , qui demeure chez Varin, rue de Choisenl. Tcos beaucoup de peine à le déterminer à répondre k M, de VSBe^ neupcy dans le sens indiqué par M, de Chdteaudoubk. H se décida cependant à écrire ce qui suit :

« Lorsque dans la séance d'hier, je vous ai entendu , dn haut de la tribune , adresser des paroles injurieuses au côté gauche , « où je tieos à honneur de siéger , et en vous tournant vers lui , « j'ai répété k trob reprises diilerentes : Cest insolent!

« Voici, monsieur, la seule réponse que je puisse faire k la « lettre que vous m'avez fait l'honneur de m'écrire. »

La Pommeraiye me prévint qu'il avait choisi pour ses témoins le général Foy et M. de Bontfy*

M. de Chàteaudouble y auquel je fis part de cette réponse, fut voir le général Foy^ pour lui dire que M, de Fâiemempe ne

CHAMBRE DES DÉPUTES. a8 l

pouvait se conteater de la réponse de M. de' la Pommeraie ^ el lui remit une lettre de M, de FUIeneuve,

Le général Foy fit un projet de réponse, et nous fûmes chez iaPommeraje^ le lundi matin, pour le déterminer à adopter ce projet tel qu'il itait. Il fut lu en présence àeFarin et du cohnei Lesourd, La Pommeraje déclara qu'il ne l'adopterait pas y si le générai Fof ne consentait à y faire un changement.

ilf. de la Pommeraye écrivit la lettre suivante :

« Lorsque, dans la séance d'avant-hier, un orateur a adressé,

« du haut de la tribune , des paroles injurieuses au côté gauche,

« où je tiens à honneur de siéger, en se tournant vers lui, j'ai

« dit tout ce que les journaux ont répété ; c'est à vous à juger ,

• monsieur, si mon intention a pu être d'insulter individuel-

• lement un député, que je n'ai pas l'honneur de cou- « naître. •

Dans la soirée du lundi, 3f. Baron y qui se dit aussi ami de Jl/. de Filleneuve, et qui doit être l'un de ses témoins , vint chez |iK>i pour me dire encore que ilf. de Vdkneuve ne pouvait se contenter de la réponse de M. de la Pommeraye ^ mab qu'il s'en contenterait dans le cas où A/, de la Pommeraye consentirait à mettre que au lieu de sL Je lui répondis que toute démarche serait inutile vis-à-vis àe M. de la Pommeraye ; et Dons fûmes forcés de convenir, l'un et l'autre, qu'il serait fâcheux de voir un homme tué, pour un Wau lieu d'un que.

Nous pensâmes alors que le meilleur moyen de tout concilier , serait de faire insérer quatre lignes dans les journaux , et qu'il fallait que la rédaction en fût convenue avec les témoins de M, de la Pommeraye,

M, Baron a été dans diverses maisons où il espérait rencontrer le général Foy, Il n'a pu parvenir à le voir avant minuit.

Mardi i8 février, le général Foy m'écrivit pour me prier de me trouver chez lui , à dix heures et demie du matin. MM. de Bondy tl de la Pommerœfe y étaient déjà rendus^ lorsque je suis arrivé.

M. le général Foy nous fit part de la rédaction convenue

aStl DISCOUKS KT OPIHiONS.

entre M. Baron et lui. Ce ne (ut pas sans beaucoup d'dibits que nous décidâmes M, de la Pommeraje à radopter. Il y fat déterminé par cette puissante considération , qa'ancane lettre ne serait insérée dans les journaux , et avec la réserre qoe si les journaux ultra se permettaient quelques réflexions , il ferait imprimer les lettres de M. de ViUeaewe^^X, ses réponses.

M, delà Pommeraje se retira ensuite. A midi, anivèraot MM, Baron , Chdieaudoubie et SaUabérj.

Voici la rédaction convenue entre nous , et qui doit être insérée dans tous les journaux sans commentaires :

« Des explications ont eu lieu , entre quelques amis et ooflè- « gués de MM. de la Pommeraje et de FiOeneupe , et tapies « des éclaircissemens réciproques , ils ont déclaré qae tons « deux devaient être satisCûts. •

Cest ainsi que s'est terminée cette affaire.

{Extrait du journal de Stanislas Girardm.

CHAMBRE CES OEPUTKS.

DISCUSSION

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