‹ Discours et opinions, journal et souvenirs de S. GirardinChapitre 42 sur 53 · EXAMEN DE LA CONDUITE · texte numérisé non relu

EXAMEN DE LA CONDUITE

DU PRÉSIDENT DE LA CHAMBRE DBS DÉPUTKS, RWLLkTiwaan a la pbopositiov paitb par m. LM. COKTB DI Li

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Le parti qui domine aujourd'hui la France, ot la précipite dans une guerre dont les conséquences épouvantent ceux qui veulent en mesurer l'étendue , a senti qu'il était indispensable , pour la réussite de ses projets, d'éloigner successivement de la chambre des députés les défenseurs courageux des droits du peuple , des intérêts nés de la révolution, et les partisans éclairés des libertés publiques; il a donc fait usage, pour y parvenir, à l'époque des dernières élections, des moyens puissans qui se trouvent être momentanément à son entière disposition : ses succès ont dépassé ses espérances; mais un seul revers a troublé la joie de ses triomphes. Où l'a-t-il éprouvé ? Là où il croyait n'avoir pas à le craindre. La réélection de M. Manuel, dans le département de la Vendée, sur cette terre classique de la fidélité y a été pour cette faction une défaite véritable ; aussi sa nomination était à peine connue , qu'ime intrigue yefi^i-

■ Cette opÎDion fut publiée après la protestation du côte gauche contre l'exclusion de Manuel.

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tique 8'occupait déjà des moyens à prendre pour ['annuler. Ce qu'on n'a osé faire à l'ouverture des chambres, à la vérification des pouvoirs, n'était qu'ajourné : le plan n'en existait pas moins; il fallait un prétexte pour l'exécuter , il a été saisi la pre* mière fois que AL Manuel a paru à la tribune depuis l'ouverture de cette session. M. Ravez avait-il été mis dans la confidence? Je ne veux pas répondre à cette question: un examen impartial desacon-* duite, dans le cours de cette déplorable affaire , montrera assez quelle part doit lui être attribuée dans la résolution illégale prise le 3 mars contre M. Blanuel , et dans l'exécution scandaleuse qu'elle a reçue.

Le a6 février dernier , M. Manuel monte à la tribune pour y discuter l'importante demande d'un crédit de cent millions , c'est-à-dire la question de la paix et de la guerre. Son but était de démontrer les dangereuses conséquences de la guerre contre l'Espagne , et surtout de réfuter dans toutes ses parties le discours lu le a5 février par M. le vicomte de Chateaubriand, ministre des affaires étrangères, discours pompeusement annoncé et applaudi d'avance dans plus d'un cercle de la capitale.

M. Manuel avait un avantage décidé sur son noble adversaire^ et une réponse improvisée fou* droyait des argumens ministériels longuement médités et habilement classés.

A Tinstant où, réfutant l'un de ces argumens pri^ des dangers qui, selon le ministre, menaçaient

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