‹ Discours et panegyriques (volume 2)Chapitre 20 sur 84 · i vol. in · texte numérisé non relu

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3.8 vol. iu-8°. — Los 8 volâmes écrits, en latin ne font pas partie de l'édition complète qui est publiée en ce momenl cnez Roger et Chemoviz, rue des tirands-Augustins, Paris, »'t qui formera neuf un dix volumes in-81.

4. Voyez Etude sur lu méthode théologique, suivie du plan rf'ini nouveau manuel de théologie à l'usage ara séminaires, par Vabbé Martinet ; in-123 Lecoffre : 1856.

sont pas précédées de formules claires et précises qui en résument toute la doctrine, en facilitent l'intelligence et les gravent dans la mémoire.

L'abbé Martinet se sert admirablement de la langue latine qu'il possédait avec toutes ses ressources et dans toute sa beauté; mais peut-être retrouve-t-on trop souvent dans ses traités didactiques le polémiste, l'écrivain dont l'âme est dominée par l'enthousiasme ou l'indignation.

Ces traités résolvent un grand nombre de questions qu'on ne trouve point ordinairement dans les ouvrages élémentaires destinés à l'enseignement; et ils sont pour le prédicateur, l'apologiste, même pour le simple catéchiste, une mine où ils pourront puiser les matériaux les plus précieux. La méthode historique et la forme vive, brillante, entraînante des traités de théologie de l'abbé Martinet, leur donnent un attrait bien rare, et communiquent par elles-mêmes à la pensée et à la parole des orateurs, qui veulent profiter de ces trésors, le mouvement et la puissance oratoires. Il ne faut pas demander la perfection aux œuvres de la faiblesse humaine et malgré les défauts de ces traités au point de vue absolument classique, l'abbé Martinet comptera parmi les théologiens les plus illustres de notre temps.

Avec la science de la parole de Dieu et de la théologie l'abbé Martinet possédait la science de l'homme et la connaissance approfondie de son époque. Nul ne peut avoir l'ambition de guérir les plaies de nos sociétés, de mettre sa doctrine au niveau des intelligences, d'éclairer et de sauver les âmes, s'il ne connaît à fond les défaillances lamentables et les aspirations généreuses de la nature humaine, les maux, les périls, et aussi les res-

sources merveilleuses de ce siècle troublé. L'abbé Martinet avait étudié de près le cœur de l'homme dans les affirmations de la doctrine catholique, dans les ouvrages des moralistes les plus éminents et dans les enseignements de l'histoire.

Aucune des questions redoutables soulevées par la presse européenne, aucun des mouvements de l'opinion publique, aucune des illusions et des erreurs des hommes qui tiennent dans leurs mains les destinées des peuples n'échappaient à son regard et à sa méditation. Il a pu, sans prétention, intituler deux de ses ouvrages : La science de la vie, — La science sociale, — et dans V Emmanuel ou le remède à tous nos maux, il unit les vues élevées du politique aux élans de la plus tendre piété. Plusieurs autres de ses ouvrages, tels que Platon- Polichinelle, La Slatolâtrie ou le communisme légal, L'arche du peuple, attestent' une étude approfondie des maux et des périls de notre époque (1).

Dans le silence de la solitude si favorable aux profondes méditations et aux grands travaux de l'esprit, au sein d'une nature majestueuse et sévère dont le contact élève l'âme, sur ces hauteurs qui rapprochent de Dieu et qui permettent de juger avec une indépendance plus complète les œuvres de l'homme, le philosophe chrétien étudiait les luttes douloureuses de son temps, et son regard d'aigle découvrait les erreurs qui poussaient uns sociétés aux abîmes. 11 eut parfois des visions de l'ave-

1. Dans son ouvrage: Le Protestantisme et la règle de Fi P. Perrone cite souvenl t'abbé Martinel el il l'appelle « un illustre écrivain catholique quij connaissant à fond l'étal moral, religieux '•i politique de notre siècle, s'esl appliqué à \ porter remède par ses écrits .. ■ Discours préliminaire, p. 'i édrt. (Vives), el qui Iques pages plus loin il dil « qu'il voudrait que les ouvrages de l'excel* [em écrivain fussenl répandus par toute I

nir, et, comme son immortel compatriote Joseph de Maistre, on eût pu le croire à certains jours un demiprophéte.

En 1848, à Paris, au moment où, après bien des avertissements réitérés, il annonçait une dernière fois dans une brochure écrite à la hâte , la révolution qui allait renverser la monarchie de Juillet, la voiture qui emportait cette brochure de l'imprimerie chez l'éditeur tomba aux mains des révoltés et servit à former la première barricade (1).

Mais au prix de quel travail infatigable et obstiné cette science a-t-elle été acquise ! « Le talent , a dit l'abbé Martinet lui-même, le talent est toujours le fils de la réflexion et d'un travail opiniâtre (2). »

Au collège de Conflans, à l'âge de 14 ou 15 ans, il sortait furtivementdu dortoir, montait dans une chambre abandonnée, et là, enfermé, avec une petite lampe, dans un vieux bahut, il travaillait pendant la nuit tout entière. Élève à l'Université de Turin, où il subit avec un brillant succès l'épreuve du doctorat en théologie, il s'était distingué dés les premiers jours par son amour de l'étude aussi bien que par la supériorité de son talent.

A Notre-Dame des Châteaux, dans cette vieille tour dont il avait si imparfaitement réparé les ruines, au sein de ce dénûment dont il a retracé lui-même dans L'art d'apprendre en riant des choses fort sérieuses un délicieux et spirituel tableau, « quand la verve lui ve-

1. Parmi les ouvrages de l'abbé Martinet qui sont aujourd'hui encore d'une saisissante actualité, il faut nommer Les Béats, dont une partie seulement a été publiée, et qui seront imprimés en entier dans l'édition des Œuvres complètes, L'auteur flagelle cinq espèces de Béats : les béats de la force, les béats de la politique, les béats de la peur, les béats de la dévotion, les béats du sommeil.

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