Tit., i
aucune des grandes questions philosophiques ou religieuses, aucun des intérêts intimes des âmes, aucune des souffrances des petits et des faibles, ne doivent échapper à son regard et à son cœur.
Aussi l'enseignement religieux, à tous ses degrés et sous toutes ses formes, est soumis à l'évêque, qui est le père, le docteur et le pasteur de tous. Les universités catholiques elles-mêmes ne peuvent échapper à cette souveraineté doctrinale. La constitution de l'Église, la nature de l'autorité épiscopale, les décrets des Souverains Pontifes, la tradition de tous les siècles, et en particulier de nos anciennes universités françaises, attribuent aux évêques la fondation, l'organisation et la direction de ces grandes écoles catholiques (1).
On a prétendu que les facultés de théologie étaient nécessaires aux universités catholiques pour les maintenir dans une orthodoxie parfaite. C'est une erreur. L'influence des facultés de théologie sur les facultés des sciences profanes peut être utile ; mais ce qui est nécessaire, c'est la direction et la vigilance del'épiscopat. Les universités catholiques tout entières et les facultés des sciences sacrées, comme toutes les autres, sont soumises à son autorité.
Mais l'Église n'est pas seulement une école ou une académie, elle n'a pas seulement la mission d'enseigner, elle doit diriger les âmes, gouverner les peuples, veiller aux intérêts religieux dans l'univers entier. Cette juridiction, ce pouvoir de gouverner, sous la direction du Vicaire de J.-C, L'Esprit saint l'a confié aux évêques.
i. Concile de trente, session 23, chap. kviîî, De Beform. ; et session 25, chap. a, De Reform., el la Bulle de Léon \li. Quoi divina sapientia, du 24 aoûl 1824, specialemenl les articles 14 el 18,
« C'est FEsprit saint, dit l'apôtre saint Paul, qui a établi les évêques pour gouverner l'Église de Dieu. Spiritus Sanctus posuit episcopos regere ecclesiam Dei (1).
Ce pouvoir des évêques est si nécessaire et si universel, « que personne, dit saint Ignace martyr, ne peut, sans l'autorité de l'évêque, entreprendre une œuvre quelconque dans l'église confiée à sa sollicitude: « Nullus sine episcopo aliquid operêtur eortim quœ conveniunt in ecclesiâ (2). » Les saints canons attribués aux Apôtres, et dont la haute antiquité n'est pas contestable, tracent cette règle, confirmée l'an 341 par le concile d'Antioche : « Que rien ne soit fait sans l'avis de l'évêque. » Aussi toute œuvre, quels que soient son inspiration et son but, toute œuvre qui est accomplie contre cette règle universelle, ne produit que des fruits de division et de mort.
Non-seulement les évêques veillent à l'exécution des lois générales de l'Église, mais ils les interprètent, ils les appliquent par des décrets particuliers aux nécessités des temps et des lieux pour le bien des peuples qui leur sont confiés. L'Église met entre leurs mains le pouvoir judiciaire et les peines qui sont la sanction indispensable de toute législation.
Par cette puissance multiple, l'épiscopat est le lien essentiel de l'unité catholique. Aussi saint Cyprien voyait dans le mépris de l'autorité épiscopale la source des hérésies et des schismes (3). Et dans un texte célèbre, après avoir affirmé que la primauté a été donnée