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les vicaires et les délégués de Jésus-Christ (1). Unis au Pape, ils sont, dans les grandes assemblées catholiques, les juges de la foi, et ils ont une part dans le gouvernement de l'Église universelle.
Comme l'atteste la tradition tout entière, les évêques sont les successeurs des apôtres (2) ; et cependant ils ne possèdent pas le privilège de l'infaillibilité et l'autorité souveraine dans tout l'univers chrétien. Fondateurs de la sainte Église, les Apôtres devaient être armés de ce pouvoir extraordinaire comme leur mission, et enrichis de dons personnels qui n'ont point été transmis à leurs successeurs.
Le Souverain Pontife peut enlever à un évêque et à plusieurs évêques leur juridiction ; il le peut sans se soumettre aux formes judiciaires; et il a, dans les premières années de ce siècle, exercé cette puissance par un acte dont la valeur n'a pas été contestée (3). Mais il
d. L'opinion opposée a été soutenue par le célèbre apostat Marc- Antoine de Dominis, mais elle est d'un commun consentement rejetee comme erronée par les docteurs catholiques. V. cardin. Pitra, ad Conslitutionein unicmrn Pela'jii 11' n. 45; Becanas in Manuale Conluo, lib. I, c iv,n. 96.— Fagnanus in cap. quanto,de cunsecratlone episcoporum. Barbosa, De Potestate episc , part. I, lit. I, cap. vi. — Zaccaria, Anlifebroonius vindicatus, part- 4, dissertatione 10, cap. iv. n. 3 — Bôlgenium, L'Episcopato, parte I, cap vu. — Parmi les auteurs contemporains, V. Bouix ,Tractatus de episcopo, parte 1% sectio I, cap. vu, et sectio 111% cap. n, propositio Ia. Mais écoutons saint François de Sales : « Les évêques sont vraiment princes spirituels, chefs des évêques, non lieutenants du Pape, mais de Notre Seigneur.» Controverse, Discours 39, note 8, page 409, édition Vives.
2. Concil. Trid., session 23, cap. iv. — Conc. Florent, décret, ad Armen. Petav., De. ecclesiasticâ hierarchid, cap. ix. — Thomassin, Vêtus et nova ecelesiœ disciplina, lib. L, cap. n et l. — Philips., Droit ecclésiastique dans ses principes généraux, liv. I, chap. iv.
3 Par la bulle Qui Christi Domini, Pie Vil a détruit, en 1801, les anciens évêchés de France, de Savoie et de Belgique, et sans user des formalités judiciaires, il a enlevé toute juridiction aux évêques qui avaient refusé de lui donner leur démission. Cette décision a été confirmée par le concordat de 1801, par un bref de Pie VII du 8 septembre 1818, par l'assentiment des évêques de tout l'univers chrétien et par la pratique des fidèles. — Pignatelli,
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ne pourrait ravir cette juridiction à l'ensemble de l'épiscopat, car il détruirait ainsi la constitution divine et éternelle de l'Église.
Malheur à qui contesterait la primauté de Pierre, à qui amoindrirait cette puissance, centre premier de l'unité et source première de la vie surnaturelle! Mais malheur à qui essayerait d'amoindrir et d'abaisser l'autorité épiscopale qui, elle aussi, vient de Dieu !
Ne touchez pas aux assises du temple vivant et immortel de l'Église catholique, à cette pierre fondamentale qui en fait la solidité et par conséquent la force, la beauté et la gloire; mais aussi n'ébranlez pas les colonnes et les murailles qui portent les voûtes hardies, les arceaux élancés, les rosaces qui étincellent aux feux du jour, et les petites pierres cachées dans l'immensité du temple, car bientôt vous n'auriez plus sous vos regards que des débris informes et des ruines désolées (1).
Ah! croyez-le bien, en affirmant avec énergie les
tome VII, Consultation 38e, cite, d'après Baronius, un grand nombre de décisions semblables, portées par les papes dans les siècles précédents.
1. L'autorité épiscopale n'est pas livrée aux condamnations du premier ou du dernier venu. Les Souverains Pontifes, pour maintenir l'épiscopat sur les hauteurs où l'a placé Jésus-Christ, s.' sont réservés toutes les causes majeures qui pourraient attirer aux évêques des condamnations; de telle sorte qu'ils ont interdil aux conciles provinciaux eux-mêmes de préparer des sentences par des enquêtes judiciaires. (Concile de Trente, session -?4. cap. v, De Reform.) Celte doctrine est confirmée par le sentiment commun des Docteurs et un grand nombre de décrets de la s. Congre* gation du Concile. Voyez aussi la décrétalc d'Innocent 111, cap. inter h, De Trandatione episcopi. Ecoutons encore sur cette question si importante qui touche à la constitution même de l'Eglise, le pape Léon xiil dans sa lettre à s. E. L'archevêque de Paris, sous la date du 2-2 octobre i8so. « Pour juger avec plus d'exactitude de cette affaire, il suffisail de savoir, que cette déclaration (des congrégations religieuses de France) avail été faite par 1 autorité, d'après les conseils ou, au moins, avec l'assentiment de l'épiscopat. Car diriger el pourvoir aux affaires qui concernent l'Église catholique est le rôle des évêques, que \'E$prit saint a placés pour régir l'Eglise de Dieu, tandis que le devoir des autres catholiques esl manifestement la soumission el l'obéissan
droits de l'épiscopat, nous n'oublions pas que cette puissance est un fardeau redoutable aux Anges euxmêmes (1) ; nous n'oublions pas qu'elle est soumise aux saints canons, aux décrets du Pasteur suprême, aux règles de la prudence, de la charité et de la miséricorde; nous n'oublions pas qu'elle doit être attentive aux conditions des peuples, aux périls des sociétés et même aux défaillances des âmes : car elle nous a été donnée, non pour la destruction, mais pour l'édification et le salut de tous.
L'épiscopat est la puissance qui combat et qui triomphe dans l'Église. Ai-je besoin de l'affirmer de' nouveau? J'entends l'épiscopat catholique, c'est-à-dire l'épiscopat uni à Pierre, l'épiscopat recevant la force et la vie de cette source intarissable et éternelle qui est Jésus-Christ et son Vicaire sur cette terre.
L'épiscopat catholique a cette puissance, puisqu'il est comme le principe supérieur de la hiérarchie, le pouvoir qui enseigne, le pouvoir qui gouverne et le lien essentiel de l'unité.
Aussi, après le Pontife suprême, c'est contre l'épiscopat que se dirigent partout et toujours tous les assauts de l'enfer; c'est le pasteur que les loups ravissants veulent atteindre pour disperser et détruire le troupeau de Jésus-Christ; mais partout et toujours les ennemis de Dieu, étonnés de l'indomptable énergie de l'épiscopat, peuvent entendre cette parole qu'un évêque des premiers siècles adressait à un tyran persécuteur du Christ: « Vous vous étonnez; vousn'avez donc jamais rencontré •un évêque (2). »
i. Conc. de Trente, session 6, en. i, De Reform 2. Saint Basile à l'empereur Constance.
Ah ! c'est que nous avons reçu l'onction qui transforme la faiblesse et qui fait des plus infirmes les vainqueurs fie toutes les puissances humaines : « Infirma mundi elegitDeus, ut confundat fortia (1). » Nous avons au front la mitre épiscopale qui ne s'abaissera jamais devant la force brutale et l'iniquité triomphante. Nous avons dans nos mains le bâton pastoral, symbole de l'autorité qui vient de Dieu, le bâton pastoral, qui a barré le chemin à plus d'un peuple en révolte et qui, par sa seule résistance, a brisé plus d'un sceptre. Nous avons sur nos poitrines la croix qui a sauvé l'humanité par l'immolation, sur nos lèvres la parole de vie, les accents de la foi qui a vaincu et régénéré le monde, dans nos cœurs la charité qui est la suprême puissance de l'Église et de Dieu lui-même.
C'est à nous, successeurs des Apôtres, c'est à nous surtout qu'il a été dit : « Allez, prêchez l'Évangile à toutes créatures. Allez, cherchez les brebis perdues d'Israël. Allez, enseignez toutes les nations, je suis arec mus tous les jours jusqu'à la consommation des siècles (2). » Et voilà dix-neuf siècles qne nous allons sous l'impulsion de cet ordre divin. Ni les montagnes, ni les océans, ni les outrages, ni les perséentions ne nous ont arrêtés un seul jour. Les glaives se lèvent pour nous frapper, mais les glaives se brisent. On nous pousse en exil, mais toute la terre est au Seigneur (3) ; et l'épreuve met au front de l'exilé je ne sais quelle auréole et donne à sa parole une puissance rajeunie. Les cachots s'ouvrent devant nous, mais nous les illuminons des clartés d"en