‹ Discours et panegyriques (volume 2)Chapitre 33 sur 84 · II Tim., n · texte numérisé non relu

II Tim., n

science aux derniers rangs des ignorants et des faibles, du palais des rois et des assemblées des législateurs à l'atelier du travailleur et à la mansarde du pauvre. Par elle, les lois ont été transformées dans l'équité et la miséricorde; le foyer domestique a été illuminé des clartés de Bethléem et de Nazareth ; la famille a été transfigurée dans le respect et l'obéissance, dans les pures et saintes affections; les arts ont entrevu un idéal que le paganisme ne soupçonnait pas et dont ils ont essayé de reproduire la céleste beauté; l'autorité a revêtu, aux regards des peuples restés fidèles aux enseignements de la foi, un caractère sacré, elle a reçu comme un rayon de la majesté de Dieu.

0 hommes de ces temps troublés. apôtres du progrès, législateurs, conquérants, ô puissants de la terre, c'est en vain que vous armez des millions d'hommes, que vous inventez des instruments homicides, c'est en vain que vous multipliez vos décrets et vos lois, que vous exposez les merveilles de votre industrie ; si vous repoussez Jésus-Christ et son Église, vos constitutions s'écrouleront sur elles-mêmes et vos sociétés sont condamnées à mourir.

G3est comme si, sur les flancs de vos montagnes, sur les pentes de vos coteaux, dans ces riches et fécondes vallées, la sève qui fait tout germer, croître et fleurir, tarissait tout à coup, et si l'astre du jour s'éteignaitpour jamais aux horizons de notre pays.

Il n'y a [tas d'autorité humaine sans une autorité supérieure à toutes les volontés changeantes, à tons les caprices de l'orgueil, à tous les excès des tyrannies sans entrailles. 11 n'y a pas de loi sans un législateur suprême qui iinpuse la seule sanction efficace et puissante 11 n'y

a pas de droit respecté sans un maître qui lise au fond des consciences et qui, tôt ou tard, juge les justices de la terre (1).

Il nJy a pas de gouvernement qui se tienne debout sans l'appui de la moralité et de la vertu; il n'y a pas de moralité et de vertu pour notre nature déchue sans les enseignements de l'Évangile et les forces qui descendent du cœur de Dieu jusque dans le cœur de l'homme. Il n'y a pas de base où poser vos sociétés sans l'autorité du décalogue divin que l'humanité a reçu sur les sommets brûlants du Sinaï et dont l'Église est la gardienne et l'interprète jusqu'à la fin des temps. Il n'y a pas de vie sociale sans la vie surnaturelle et divine.

Mais qui donc transmettra cette vie surnaturelle? Qui la fera pénétrer dans toute une nation et dans ces sociétés menacées par l'erreur et le mal ? Qui ? si ce n'est l'épiscopat, interprète de la foi, dépositaire de l'autorité et de tous les trésors divins de l'Église catholique. — Qui surtout maintiendra et fera grandir cette vie divine au sein de la nation française, sinon les éyêques qui, selon le témoignagne d'un historien incrédule, ont fait la France comme les abeilles font une ruche (2).

Et pourtant, il faut le reconnaître, des obstacles redoutables s'opposent à cette action de la vie surnaturelle dans nos sociétés. Et, parmi ces obstacles, je veux, malgré le temps qui me presse, signaler à votre attention quelques-uns des préjugés qui captivent bien des âmes, quelques-unes des accusations qui retentissent sans cesse contre nous. On nous accuse d'être les es-

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