‹ Discours et panegyriques (volume 2)Chapitre 36 sur 84 · Nimi. XXIV, o · texte numérisé non relu

Nimi. XXIV, o

2. « 0 quam pulchri sunt super montes, pedes annuntiantis pacem, prœdicantii salutem, dicentis Sion : regnabit Deus tuus. » Isaiaj, lu. 7

bras la France courbée dans la défaite et dans le malheur, et il la portera dans la paix, dans l'honneur et dans la vertu jusque dans le cœur de Dieu qui pardonne et qui sauve...

Monseigneur, je ne puis descendre de cette chaire sans me tourner vers vous et vous dire nos espérances et nos joies. Nul n'accomplira ces grands devoirs de Fépiscopat avec une âme plus vaillante que la vôtre ; nul ne vous surpassera par le dévouement envers l'Église et envers le Souverain Pontife dont vous avez voulu, dans votre première lettre pastorale, affirmerl'autorité. Vous défendrez la vérité catholique avec une science qui a fait ses preuves et qui les fera plus brillantes encore. Les peuples admireront en vous la simplicité et la dignité de la vie unies à la générosité d'un cœur qui ne connaît que les inspirations du devoir.

Allez donc, Monseigneur, à cediocèse qui vous attend avec une si vive impatience ; il est digne du bonheur que vous lui donnerez. Allez vers ce clergé si fidèle et si fort dans l'épreuve, vers ce clergé qui a voulu dès ce jour, comme un témoignage de son obéissance et de sa vénération, vous offrir la houlette pastorale qui le conduira dans la justice et dans la charité. Allez, et quels que soient les périls de ces temps malheureux, quelles que soient les difficultés que vous rencontrerez dés vos premiers pas, nous sommes sans crainte ; car vous êtes de ceux qui ne trahissent jamais aucune des espérances qu'ils inspirent, mais qui les dépassent toujours.

Le vénérable métropolitain de cette province a applaudi au choix qui a été fait de vous, et il a voulu vous donner de ses mains la consécration épiscopale. Le successeur de saint François de Sales vous apporte les

bénédictions de l'apôtre du Chablais et le parfum de sa charité. La présence de l'évêque exilé dont la France et l'Église connaissent l'éloquente parole, ajoute à l'éclat de cette fête, et il a voulu vous donner une preuve de ses vives sympathies. Mon vénéré prédécesseur sur le siège de Tarentaise vous suivra de ses vœux et de ses prières, avec cette bonté qui lui gagne tous les cœurs. Ce clergé, parmi lequel vous comptez tant de disciples reconnaissants et tant d'amis fidèles et. ce peuple tout entier viennent de s'incliner avec bonheur sous vos bénédictions.

Et s'il m'est permis de me nommer après tous les autres, je vous salue comme un frère. Je sais que nous serons unis toujours, je sais que nous travaillerons et nous combattrons ensemble dans les conquêtes pacifiques de la vérité et de la miséricorde pour la Savoie et pour la France, pour l'Église et pour Dieu.

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