lbid., p
Lorsque la dévotion au Cœur do Jésus, après avoir pendant seize, siècles embaumé les solitudes des cloîtres et l'âme des saints, va s'épanouir dans l'Eglise entière, consoler la terre el réjouir le ciel, la bienheureuse Marguerite-Marie écrit : « Le jour de la fêje de notre saint fondateur il me sembla que ce grand saint me fit connaître fort sensiblement le grand désir qu'il avait que ce sacré Cœur fût connu, aimé et glorifié dans son institut. » Vie et œuvres de la Bienheureuse, t. II, p. 74. — Le 17 février 1087, la Bienheureuse affirme qui' saint François de Sales a obtenu que le sacré Cœur île Jésus fût le défenseur et le soutien de l'ordre qu'il aA ait fondé', lbid., p. 107. — Et le jour de la Visitation, saint François de Sales apparaissait à la Bienheureuse auprès de N. S-
Jésus* et adressait aux religieuses de la Visitati «s paroles :
« Vos lions exemples seroni de vivre conformément aux maximes et vertus de ce di\ in cœur, et nous aiderons au salut du prochain en leur distribuant cette sainte dévotion. Nous tâcherons de répandre la bonne odeur du sacré Cœur de Jésus-Christ dans celui des fidèles afin que nous soyons la joie et la couronne de cet aimable cœur. • "/"/.. tom. 11. p. 169. Voyez aussi dans la belle vie de la Bienheureuse, par M. l'abbé Bougaud, le ch. vin.
xixe siècle dans la révélation des puissances surhumaines qui peuvent nous sauver. Malgré les œuvres admirables de la foi et de la charité chrétiennes, nous penchons vers les abîmes. Le froid et la nuit se font dans les intelligences et dans les cœurs, les nuées qui portent la tempête montent à tous les horizons, les peuples frémissent dans une impatience folle de toute autorité et de tout frein, les sociétés s'arrêtent, dans les rêves de leur orgueil et au sein des illusions de la civilisation matérielle, elle s'arrêtent épouvantées en entendant dans leurs entrailles mêmes le travail de destruction et de mort qui prépare l'universelle anarchie.
La science superbe insulte à la foi, la raison se révolte contre la révélation de Dieu, la division est partout; et nul cœur, quelque trempé qu'il soit dans l'énergie et dans le courage, ne peut regarder sans tristesse et sans crainte l'avenir qui nous menace.
Pour conjurer ces périls il faut l'union de la raison et de la foi, l'alliance de l'Église et de l'État; il fautque la philosophie et la théologie, les sciences naturelles et les sciences divines, les dogmes révélés et les affirmations de la pensée humaine unissent leurs efforts et leur puissance; il faut que les flots de la vie surnaturelle qui semble près de tarir dans l'indifférence et l'impiété, pénètrent les âmes, les sociétés et les peuples.
Mais qui donc a affirmé avec plus d'autorité et de séduction que saint François de Sales, l'union nécessaire de la raison et de la foi? Sur les traces des maîtres immortels de la scolastique, le saint Docteur fait appel, spécialement dans son Traité de l'Amour de Dieu, à la philosophie la plus haute, à la connaissance la plus approfondie de l'âme et de ses facultés. C'est la philosophie
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antique, la philosophie d'Aristote et de Platon purifiée et agrandie sous l'influence de la foi et par le génie des docteurs chrétiens. Jamais l'aimable Saint n'insulte à la raison humaine, il en affirme les grandeurs et aussi les limites, il convie toutes les forces de l'intelligence et toutes les ressources du cœur humain pour faire accepter et aimer les préceptes de l'Évangile, les conseils de la perfection, les dogmes chrétiens, et pour démontrer qu'ils répondent aux plus nobles aspirations de notre nature.
Ce docteur de l'amour divin est aussi le docteur de la charité fraternelle, de l'union et de la paix. Avec quel zélé éclairé, avec quelle prudence consommée, avec quelle douceur inaltérable il s'efforce d'écarter toutes les discussions ardentes parmi les enfants de l'Église! 11 répétait souvent les paroles deTapùtre: Pacem habete .et Deus pacis et dilectionis erit vobiscum 1 1 , « que la diversité des opinions et des intérêts n'altère point votre paix, et que le Dieu de paix et d'amour demeure avec vous. » Et à l'occasion des discussions qui s'étaient élevées entre les théologiens et les jurisconsultes au sujet des relations de l'Église et l'État, il donnait ces conseils dont la sagesse est rendue plus attrayante par une délicieuse naïveté: « En cet âge où. nous avons tant d'ennemis dehors, nous ne devons rien émouvoir au dedans du corps de l'Église. La pauvre mère poule qui, comme ses poussins, nous tient dessous ses ailes, a bien assez de peine de nous défendre du milan, sans que nous nous entrebecquetions les uns les autres, et que nous lui donnions des entorses. — Je hais par inclination natu-