PSALM., XL
humaines, l'œil de la chair n'y découvre que des difformités troublantes qui le scandalisent. A qui ne veut voir les choses qu'à travers cet exécrable principe : la jouissance est la loi suprême de la vie, — le malheur devient un objet repoussant au contact duquel le jugement se pervertit, le cœur s'endurcit et se paganise.
Plus clairvoyant quand il est pur, l'œil de la raison ne considère pas les misères humaines comme une difformité dans l'œuvre de Dieu, mais plutôt comme une ombre permise, par laquelle la Providence nous invite à l'attendrissement, à la pitié, à la bienfaisance. Alors on s'incline vers le malheur, et l'on dit avec un ancien : Homo sum, et nihil humani a me alienum pulo (1) : Je suis homme, et rien de ce qui est humain ne m'est étranger. Toutefois, il n'est pas encore temps de dire avec l'Ecriture : Beatus qui inlelligit super egenum et pauperem.
C'est l'Esprit de Dieu qui, en ouvrant dans l'âme humaine l'œil de la foi, met les malheureux en pleine lumière, et nous montre, en leur personne humiliée, non seulement l'objet d'une providentielle sollicitude, mais Dieu