‹ Discours et panégyriques (volume 3)Chapitre 21 sur 71 · OEUVRES DE CHARITÉ DE CONSTANTINOPLE · texte numérisé non relu

OEUVRES DE CHARITÉ DE CONSTANTINOPLE

fier et aussi ému en voyant circuler dans les rues de Constantinople la blanche cornette des Sœurs de Charité, devant laquelle tous les musulmans s'inclinent, c{u'en voyant flotter sur le Bosphore le drapeau de la France qui, loin du sol natal, inspire d'inexprimables sentiments à ceux qui l'aperçoivent. »

Tout conspire donc, mes Frères, à toucher vos cœurs dans cette religieuse fête. Vous ne saurez rien refuser, je l'espère, aux pieuses dames qui tout à l'heure vont vous tendre la main, et, si j'augure bien, votre aumône sera deux fois plus large que pour toute autre œuvre de bienfaisance chrétienne, car vous allez donner pour le soulagement des malheureux, pour l'honneur de l'Église et pour la gloire de la France.

Discours prononcé dans la chapelle des Dames du Sacré-Cœur, à Paris, le 15 juin 1885.

Bonwn auteni facientes non deficiamus... Dum tempus habemus opère mur boniim ad omnes, maxime ad domesticos ftdei.

Nous qui faisons le bien, faisons-le sans défaillance... Pendant que nous en avons le temps, soyons bienfaisants pour tous, surtout pour ceux qui demeurent avec nous dans la même foi.

(GALAT.,cap. VI, 9, 10.)

MesseigneursS Mes Frères,

Je n'ai pas cru trouver de meilleurs et de plus saints encouragements, pour l'œuvre que je viens vous proposer, que dans l'épître du

1. Son Excellence Monseigneur di Rende, nonce apostolique à Paris, et Monseigneur O'Callaghan, évêque coadjuteur de Cork (Irlande).

grand Apôtre à ses chers Galates. Il les aimait d'amour tendre, les appelait « ses petits enfants : Filioli meiy » voulait qu'ils fussent prêts à toute sorte de bien, et leur écrivait, non par la main d'un secrétaire, mais « de sa propre main, » ses chaleureuses exhortations, comme pour les rendre plus solennelles et plus pressantes : ce Videte qualibus litteris scripsi vobis propria manu^. »

Certes, je n'ai ni ses droits, ni son autorité pour vous prêcher le zèle et la persévérance dans les œuvres de charité; cependant, j'ose implorer votre bienveillant concours pour une œuvre commencée^, qui réclame impérieusement aujourd'hui de plus larges développements. Il s'agit de venir en aide aux familles italiennes, et de les préserver du lugubre et funeste abandon qui pèse sur les étrangers que l'émigration amène dans les grandes villes, où l'on ne comprend ni leur

Page 1