‹ Discours et panégyriques (volume 3)Chapitre 22 sur 71 · Galat., cap. vi · texte numérisé non relu

Galat., cap. vi

2. L'Œuvre des Italiens doit son origine au vénérable abbé Planchât. Elle a été reprise par le R. P. Pica, un de ceux qui aidèrent le P. Schouwaloff dans l'établissement des Barnabites en France.

langue, ni leur caractère, ni leurs besoins religieux. Soutenu par les nobles, aimables et pieuses instances qui m'ont été faites, je prétends que vous ne pouvez pas me refuser l'acte de charité que je viens vous demander. Prêtez-moi votre attention, je n'en abuserai pas.

N'est-ce pas une singulière audace, mes Frères, de réclamer votre concours en faveur d'une œuvre nouvelle pour la plupart d'entre vous, lorsque déjà, peut-être, vous êtes engagés dans une multitude d'autres œuvres de charité ? Il y en a pour tous les besoins et pour toutes les misères, en ce Paris, si séduisant à la surface, si hideux dans les abîmes, où pâtissent et s'éteignent des milliers de vies impitoyablement sacrifiées à la fièvre payenne de la civilisation. Un écrivain contemporain, à qui nous devons l'intéressante description des organes, des fonctions, de la vie et des convul-

sions de ce grand corps social qu'on appelle la plus belle ville du monde, a couronné dernièrement ses travaux par un livre émouvant où il raconte les prodiges d'une « bienfaisance anonyme », en laquelle nous reconnaissons, nous, la charité chrétienne. Je le remercie de sa loyale admiration pour « ces êtres charitables qui, renonçant par libre volonté à ce €]ue la vie contient ou promet, recherchent la caducité, la maladie, l'infortune, afin de leur porter secours; » qui, « loin de fuir les misères humaines, y plongent avec ardeur, ne reculant devant aucun dégoût, devant aucune fatigue, pour les mieux soulager; » qui, « dans l'homme, ne s'enquièrent que du malade, dans le malade ne recherchent que l'incurable et vivent en contact avec le rebut de tous les maux, de toutes les impuissances, de toutes les infirmités. » Héros d'abnégation; volontairement voués (( au labeur incessant dans les maladreries, à l'adoption des abandonnés, à cette sorte de maternité intarissable dont le dévouement ne se lasse jamais, et qui semble retrouver des forces dans son exercice même ; ...Sisyphes de l'amour, dont rien ne rebute ni

n'affaisse la vaillance..., tous tourmentés de l'unique désir de plaire à Dieu en aimant le prochain, du besoin de spiritualiser la vie en la sacrifiant aux malheurs d'autrui^ »

Il faudrait des volumes pour décrire tout le bien qui se fait dans ces maisons bénies où la charité travaille et lutte nuit et jour, (c où l'œuvre de charité n'interpompt point l'œuvre de la prière, où l'on prie pour ceux que l'on sauve, pour qui maudit et pour qui persécute, où, dans l'être humain, on voit l'infirmité physique et l'infirmité morale cherchant à panser l'un et ^autre^ » L'auteur que je viens de citer n'a étudié que quelques-unes de ces maisons qui peuvent servir de type et d'exemple. Quelles merveilles de généreux amour et aussi quels bienfaits! — Ce sont de pauvres vieillards recueillis, nourris, soignés, bercés comme des enfants, tendrement consolés et doucement conduits au ciel par des vierges qui s'appellent leurs petites sœurs, mendient pour eux et se trouvent suffisamment récom-

\. Maxime du Camp , La Charité jjrioée à Paris [Avant-propos).

Page 1