‹ Discours et panégyriques (volume 3)Chapitre 24 sur 71 · Maxime du Camp, ouvrage cité {Post-scriptiun · texte numérisé non relu

Maxime du Camp, ouvrage cité {Post-scriptiun

d'aimer, et dont les mains généreuses ne se lassent pas de répandre le bien. Dans Tordre de la nature et dans l'ordre de la grâce, votre vie n'est-elle pas un abime rempli de ses dons? Votre corps et toutes ses merveilles, votre âme et toutes ses belles qualités, votre naissance, votre situation dans le monde, vos biens temporels, vos affections, votre foi, vos vertus, vos consolations et vos secours spirituels, les jours qui vous sont accordés et les châtiments qui vous sont épargnés, malgré vos fautes, les éternelles espérances qui vous servent de réconfort dans l'épreuve, est-ce que tout cela n'est pas le fruit de l'infatigable libéralité de Dieu ? Si vous aviez l'habitude, comme les saints, de vous rendre compte de son infinie bonté, à chaque instant vous rencontreriez un de ses dons dans, votre nature et dans votre vie; vous vous écririez avec l'étonnement de la reconnaissance: — Encore! Encore! et vous diriez : — Puisque Dieu , principe de tout amour et de toute grâce, ne défaut jamais dans le bienfaire, « faisons, comme lui, le bien sans défaillance : BonuTïi autem facientes^ non déficicLmus. ))

Cette paroledel'Apôtre, mes Frères, s'impose à nous avec d'autant plus de force que l'oeuvre qui vous est recommandée est une de celles qui méritent les préférences d'un cœur chrétien. La dignité des oeuvres de charité se mesure à la grandeur des maux qu'elles préviennent ou qu'elles guérissent, ainsi qu'à la grandeur des biens qu'elles assurent. Or, il n'est pas de plus grands maux que ceux qui atteignent l'âme dans la suprême dignité que lui confèrent la foi et la grâce, pas de plus grand bien que la conservation de la vie chrétienne dont dépend notre salut éternel. Ce n'est pas moi qui décide en cette question, mais l'Évangile où nous apprenons : a. Qu'il ne sert à rien pour l'homme de posséder tous les biens s'il vient à perdre son âme. » Le monde ne pense pas comme l'Evangile, je le sais et je n'en suis point étonné; il est de ceux dont l'Apôtre a dit : <( L'homme habitué à la vie des sens n'entend rien aux choses spirituelles : (( Animalis homo non percipit ea quse sunt spiritiis Dei\ » Il est donc plus ému des ma-

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