Gai., cap. VI
POUR L IRLANDE
ment exprimé les splendeurs dans la pureté de ses mœurs.
Nation chaste et fidèle, l'Irlande partage, avec d'autres peuples, l'honneur de ne s'être jamais séparée de l'unité de l'Eglise ; mais une gloire qui lui appartient en propre, c'est d'être demeurée catholique sous les coups d'une longue et horrible persécution, pendant qu'une grande nation, réputée pour sa fermeté, s'infligeait auprès d'elle le déshonneur de l'apostasie. L'Angleterre a misérablement cédé à la tyrannie des pouvoirs prévaricateurs qui lui demandaient, par le scandale, la menace et la violence, le sacrifice de sa foi et de sa conscience; mais ni les proscriptions, ni les morts sanglantes, ni la pression des lois draconiennes, ni les confiscations, ni la misère n'ont pu triompher de l'héroïque fidélité du peuple irlandais. Ah! il y a longtemps que l'ostracisme qui pèse sur lui serait levé si, dans un accès de désespoir, il eût rendu les armes et se fût écrié : ce Je renonce à l'Église catholique, apostolique et romaine. » — Mais non, il a patiemment souffert, et, dès qu'une période d'apaisement a permis à son Église
POUR L IRLANDE
ton dépouillée de se reconstituer, il l'a généreusecric ment dotée de ses libres offrandes. Ce peuple, Ah libéral et magnifique dans sa pauvreté, c'est voi lui qui fait vivre ses évêques et ses prêtres. Il sèr les aime comme on aime des pères, il est toujours prêt à répondre à leurs appels, et je ne sais rien de plus touchant que de le voir se priver, même du nécessaire, pour que ses églises soient belles et son Dieu dignement servi. Plus il souffre, plus il est pieux et dévoué ] à ses saintes croyances. C'est près des autels Fr qu'il se console de ses malheurs; c'est là qu'il à 1 puise la force de résister à la plus terrible des sio tentations.
qu La faim est parfois une cruelle et perfide
le conseillère. Quand on en souffre, quand on en « . voit souffrir ceux qu'on aime, quand on est le SU] nombre et la force, on est tenté de prendre ce do que la bienfaisance tarde trop à donner. Aussi, pe voyons-nous chez les peuples, dont la religion da a fléchi sous le poids de l'indifférence et de De la corruption, les troubles, les émeutes, la il violence, lesrapineset, quelquefois, le meurtre, compliquer et aggraver les fléaux. La foi 1 robuste de l'Irlandais contient dans son cœur
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endolori rexplosion des passions sauvages qui déshonorent d'autres nations. Il sait se résigner à rester sur la croix en pensant à son Sauveur. Ces jours derniers, je lisais avec admiration, dans la lettre cFun évêc{ue, ces simples et touchantes paroles : « La plupart de nos pauvres gens n'ont, en temps ordinaire, que le strict nécessaire et ne peuvent rien mettre de côté pour les mauvais jours. Ces mauvais jours sont venus; ils les supportent avec un courage héroïque. Pas une plainte, depuis le jour où ils commencent à souffrir jusqu'au jour où ils succombent. Et, à leur éternel honneur, on ne peut leur reprocher aucune voie de fait contre les personnes et les propriétés ^ »
Mais il est une épreuve plus délicate et plus dangereuse pour la foi de l'Irlandais : c'est la séduction qui exploite sa misère. Les païens ont dit : « Le malheureux est une chose sacrée : Res est sacra miser, » Eh bien, le croiriez-vous, mes Frères, cette chose sacrée, un prosélytisme abject, qui se dit chrétien, ne