DE SAINT-VINCEKT-FERRIER
niable et gracieuse habileté avec laquelle il ouvrait leurs bourses.
Dans le couvent de Tirlemont, où il fut élu prieur à l'âge de vingt-huit ans, les six années de son gouvernement furent fécondes en œuvres utiles et en heureuses transformations.
Enfin, dans cette ville, qui fut le dernier théâtre des exploits de sa charité, il a doté son Ordre d'un nouveau couvent et de l'une de ses plus belles églises.
Mais le besoin d'action et l'ardeur de la charité dont Tâme religieuse du Père Callens était dévorée ne se pouvaient satisfaire au service de ses frères. Il se répandait au dehors en sages conseils, en bienveillante assistance, en secours spirituels, surtout auprès des familles pauvres. C'est en les visitant qu'il rencontra cette poignante misère des enfants orphelins dont je viens de vous faire la peinture. Son cœur tendre et généreux en fut navré; mais il n'était pas homme à se contenter d'une pitié transie qui ne sait que souffrir des maux d'autrui. Il consulta, à la fois, Dieu et son grand courage, et il crut entendre une
voix lui dire : « Tu seras le secours de l'orphelin : Orplmno tu eris adjutor. »
Sa résolution fut bientôt prise. Il lui suffit de quelques semaines pour ouvrir un asile provisoire à ceux des enfants dont la misère était plus criante, et pour se procurer, non loin de la mer, un vaste terrain sur lequel il arrêta le plan de son orphelinat.
Il voulait faire vite, car ceux qui souffrent n'ont pas le temps d'attendre, et, en interrogeant sa fragile santé, il lui semblait entendre la menace d'une fin prochaine. Il voulait faire grand, afin que tous les orphelins pussent trouver dans son asile, avec le pain de chaque jour, les bienfaits de Téducation chrétienne, de l'instruction primaire et professionnelle : tout ce qu'il faut pour armer solidement de jeunes natures d'hommes destinés à la lutte du travail, dans un monde où la foi et la vertu courent de si grands risques.
Dans les rêves de son âme féconde en projets, le Père Callens voyait déjà s'élever les divers quartiers que devaient habiter les enfants et les adolescents, les classes et les ateliers d'apprentissage, la chapelle, le couvent