Bonum certamen certavi, cursum consummavi
22 POUR l'irlande.
Il y a, mes Frères, dans l'aumône qUe je vous demande pour l'Irlande, plus qu'un acte de miséricorde et de confraternité religieuse. Le peuple irlandais nous est uni par les doux liens d'une vieille affection qui, dans le malheur comme dans la prospérité, fait battre son cœur à l'unisson du nôtre. Cette affection est fondée sur la sympathie de caractère.
Comme le Français, l'Irlandais est vif, ardent, Imaginatif, expansif, généreux et même un peu batailleur. Il parle volontiers et avec éloquence, et les impétueuses saillies de sa gaieté le mettent promptement d'accord avec notre joyeux tempérament. J'en ai fait l'expérience. Loin de mon pays, j'ai passé des jours charmants que je n'oublierai jamais
fidem servavi. In reliquo reposita est mihi corona justitise quam reddet mihi Dominus in illa die justus Judex.
(II Tim., cap. vi, 7, 8.)
POUR l'irlande. '23
dans r intimité de mes Frères irlandais. Il en est un dont le souvenir m'est plus doux au cœur\ L'Irlande est moins fière de sa grande éloquence que je ne suis heureux de son amitié. S'il était à ma place, il ferait valoir mieux que moi^ en faveur de son cher peuple, le droit de l'affection.
Cette affection, fondée sur la sympathie de caractère, s'est développée dans des circonstances douloureuses et touchantes qui ont mis en rapports plus intimes les deux nations. N'eussions-nous pas été dans son voisinage, l'Irlande serait venue nous chercher jusqu'aux extrémités de l'Europe pour se consoler et se fortifier, lorsque sévissaient contre elle les lois odieuses et barbares de la persécution. L'Angleterre taillait en grand dans le catholicisme; et, après les massacres hideux qui épouvantèrent le peuple, elle arma sa législation de rigueurs inouïes.
Elle décréta la mort contre quiconque refusait de prêter au souverain, roi ou reine, le serment de suprématie religieuse, — contre