‹ Discours et panégyriques (volume 3)Chapitre 50 sur 71 · Matth., XI · texte numérisé non relu

Matth., XI

Vénérables FrèreS; honorés comme moi d'un caractère sacré, allez, enseignez les nations. En paissant le troupeau qui vous est confié, n'oubliez pas les brebis sans pasteur; enchaînés ici par le devoir, envoyez au loin les vœux d'un cœur tout occupé de la gloire de Dieu et du salut des âmes. Jeunes gens, qui vous préparez dans le recueillement du séminaire aux honneurs sublimes et aux pénibles labeurs du sacerdoce, allez, enseignez les nations. Souvenez-vous de ces milliers de martyrs qui ont suivi Pothin, Irénée et la douce Blandine dans la mort et le triomphe, et qui ont cimenté de leur sang les fondements de la très chrétienne et très illustre Église de Lyon. Rappelez- vous que votre grand diocèse est, dans les temps modernes, un des plus féconds en apôtresmartyrs, et que plusieurs de vos frères aînés attendent leur prochaine canonisation. Si Dieu vous envoie des rêves glorieux, si, au milieu de ces rêves, Jésus-Christ vous apparaît et vous invite à le suivre sur des chemins sanglants, marchez et que les bénédictions de Dieu vous accompagnent! Mais, si votre vie est destinée à se consumer dans un plus humble ministère,

sachez que Tamour de Dieu et des âmes n'a point ici-bas de frontières. Dans les heures silencieuses que vous consacrez à la prière, volez au secours des soldats qui ont choisi les postes périlleux du royaume de Dieu, et soyez, comme les anges, les compagnons invisibles de leurs combats. Riches, ouvriers, pauvres, savants, ignorants, allez, enseignez les nations. L'Eglise vous demande bien peu de chose : une modique aumône, une courte prière; mais, aumône et prière, tout cela se fait homme et vous rend participants du plus grand des bienfaits et de la plus grande des gloires : la conversion des âmes et l'extension du règne de Jésus-Christ. Comment pourriez-vous dédaigner un pareil honneur? Acceptez-le, mes Frères, et pour vous et pour vos enfants. Faites descendre jusqu'au berceau de ces chers petits la parole du Maitre : « Allez, enseignez les nations : Euntes, docete omnes gentes. » Jésus, dans sa crèche, était apôtre et sauveur : pourquoi vos enfants ne le seraient-ils pas? Souvent votre front inquiet se penche vers eux, et vous cherchez à deviner dans leurs larmes et leurs sourires ce qu'ils seront plus tard. Console-

ront- ils votre vieillesse? Illumineront-ils d'un rayon glorieux le déclin de vos jours? Ou bien feront-ils à vos cœurs de mortelles blessures ? Hâteront-ils, par le douloureux spectacle de leurs vices ou de leurs désordres, le coup qui doit briser votre vie désolée? Vous n'en savez rien ; cependant, vous pouvez, dès maintenant, assurer leur avenir, en donnant pour eux le sou hebdomadaire, en priant à leur place et en les faisant, ainsi, pendant que leur âme sommeille encore, les coopérateurs d'une Œuvre sublime et sainte entre toutes les œuvres. Dieu, qui est plus père et plus mère que vous, Dieu ne peut pas trahir vos sollicitudes chrétiennes, ni refuser de rendre bons, honnêtes, justes et saints ceux qui, dès leur berceau, auront été apôtres.

Etre apôtre ! que ce soit, mes Frères, votre vœu unanime et la suprême conclusion de ce discours. Avant de nous quitter, exprimons ensemble ce vœu, et disons, d'une commune voix, au Roi immortel qui va paraître tout à l'heure sur l'autel : (c Seigneur et maître du ciel et de la terre, pour conquérir l'univers que votre divin Père vous a donné en héritage,

VOUS faites appel au peuple et vous comptez sur lui : soyez tranquille, il ne vous manquera pas. Le peuple, c'est nous. Nous sommes prêts : notre argent, nos prières, nos personnes, ^nos vies, tout vous appartient, faites tout concourir à l'Œuvre sainte delà Propagation de la Foi. »

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