‹ Discours et panégyriquesChapitre 14 sur 86 · Heb., cap. xn · texte numérisé non relu

Heb., cap. xn

2. Allusion aux martyrs de Castelfidardo, morts pour la défense du Saint-Siège.

qu'un encouragement, devienne notre oraison funèbre : « Soyez fidèles jusqu'à la mort. Estote fidèles usque ad mortern. »

Soyez fidèles... Et puisque la fidélité est la conséquence d'un engagement sacré ; puisque c'est une habitude de cette pieuse paroisse de renouveler cet engagement aux saintes fêtes de Pâques, debout, mes frères! Au nom de Dieu, debout ! et répondez-moi. (Tout l'auditoire se lève).

D. — Croyez-vous en Dieu, Père, Fils et Esprit-Saint ?

R. — (Tout l'auditoire). Nous croyons.

D. — Croyez- vous en Jésus-Christ, fils unique de Dieu, né de la Vierge Marie et mort pour notre salut ?

R. — Nous croyons.

D. — Croyez-vous en la Sainte Église Catholique, Apostolique et Romaine ?

R. — Nous croyons.

D. — A qui voulez-vous appartenir ?

R. — A Jésus-Christ.

D. — Pour combien de temps ?

R. — Pour toujours.

D. — Malgré les menaces des impies, mal-

gré les persécutions, malgré la mort, la mort même ?

R. — Oui ! Oui ! Oui !

C'est bien! je suis heureux. Que Dieu vous bénisse, que l'enfer soit confondu, que vos serments remplissent le monde, et qu'ils apprennent qu'au sein du plus grand des peuples il est une génération dont la devise religieuse est — Vaincre ou Mourir. C'est-àdire toujours vaincre, car la mort des saints est leur plus beau triomphe.

Prononcé dans l'église Saint-Roch, à Paris, le 17 mai 1863.

Eqo sum resurrectio et vita.

Je suis la résurrection et la vie.

(JOAN., cap. xi, 25.)

Mes Frères,

Lorsque la sœur de Lazare se jeta, tout en larmes, aux pieds du Sauveur et lui dit : « Seigneur, si vous aviez été là mon frère ne serait pas mort, » — Jésus la regarda avec une tendre compassion et lui répondit : — « Ego sum resurrectio et vita, : Je suis la résurrection aussi bien que la vie, » — c'est-à-dire, comme j'ai le pouvoir d'alimenter le feu sacré, qui lutte dans

40 discours sur l'oeuvre

le corps humain contre les envahissements de la mort, j'ai aussi le pouvoir de le ranimer quand il s'est éteint : Ma fille, mon amie, ne vous désolez donc plus, — « votre frère ressuscitera : Resurget frater tuus. » — Parole consolante qui fut presque aussitôt suivie d'un miracle.

Or, cette parole du Sauveur, il me semble l'avoir entendue, lorsque mon âme éplorée lui demandait compte des catastrophes qui ont précipité tant de peuples, autrefois saints, clans les abîmes de l'erreur et de l'apostasie. Je les voyais couchés devant moi, affreusement déchirés par les morsures de l'hérésie, pâles, méconnaissables et condamnés, en apparence, à cette suprême corruption qui fait disparaître jusqu'aux derniers et impuissants vestiges de la vie; et je me disais: C'est fini. Le grand vivant les a abandonnés, je n'ai plus qu'à verser sur eux des larmes inconsolables. Mais une voix mystérieuse retentissait au fond de mon cœur : — ce Je suis la résurrection aussi bien que la vie, disait-elle. Ego sum resurrectio et vita. — « Console-toi, » — ton frère ressuscitera. Resurget frater tuus. »

Au fait, pourquoi n'en serait-il pas ainsi? Jésus-Christ est toujours Dieu. La force mystérieuse qui a ranimé sa chair et glorifié son tombeau n'est pas épuisée. Que dis-ie? si cela eût été possible, elle se fût accrue par un si beau triomphe. Le Sauveur a pris sur la mort des droits qui l'ont faite son esclave, il pourrait d'un mot arrêter tous ses coups. S'il lui permet de frapper, c'est afin de mieux faire éclater son pouvoir en lui redemandant ses victimes. 0 mon maître adorable! Je crois ce que vous avez dit : — Vous êtes la résurrection aussi bien que la vie. — Et, parce que l'Église n'est ici-bas que le prolongement de votre personne sacrée, vous vous plaisez à reproduire en elle, avec une merveilleuse industrie, tout ce qui s'est accompli en vous-même , si bien que rien ne doit nous étonner ni nous surprendre dans l'existence dix-neuf fois séculaire de votre corps mystique. La mort y paraît en quelques endroits victorieuse, mais elle ne fait que préparer la réalisation infaillible de votre promesse si clairement exprimée en ces paroles : — « Ego siun resurrectio et vita. Je suis la résurrection aussi bien que la vie. » —

48 DISCOURS sur l'oeuvre

Mes frères, appliquons ces paroles à la grande nation anglaise et voyons : — Comment dans la mort générale de l'erreur Dieu lui a conservé un germe de vie ; — Comment il la prépare à une résurrection glorieuse et comment vous devez être les coopérateurs de ce prodige.

Un évêque illustre et cher aux catholiques de France1 devait faire entendre sa voix en faveur des étudiants anglais. Des devoirs plus forts que sa volonté l'en ont empêché. Je ne m'excuserai pas de parler à sa place, car, je le sais, votre indulgence comblera les distances qui séparent sa parole de la mienne.

« Vous êtes une race choisie, une nation sainte, un peuple d'acquisition, pour annoncer la divine vertu de Celui qui des ténèbres vous

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