Matth., cap xvm. — Luc, cap. xvur
comme à une source sacrée, les secrets du ciel, celui à qui il donna la force de monter jusqu'au Calvaire, celui qui entendit ses dernières paroles, celui qui reçut du plus aimé et du plus saint des fils le plus beau des présents : une mère vierge pour sa mère adoptive, c'était un jeune homme : Jean, le disciple que Jésus aimait1.
Cette préférence du maître n'est point une exception dans l'histoire des âmes qu'il a honorées de son amour. Le Christ se plaît avec la jeunesse, et sa vie, communiquée avec plus d'énergie là où la vie de la nature est plus abondante, crée une beauté qui éblouit par ses singulières splendeurs et qui touche par ses grâces ineffables. Non, il n'y a pas de plus ravissant spectacle que celui d'un jeune homme dont l'âme n'a point été déflorée par la science prématurée de l'iniquité, qui, choisissant librement Jésus-Christ pour son maître, livre à son amoureuse direction ses aspira-
1. Cum vidisset Jésus matrem et discipulum stantem, quem diligebat, dicit Matri suœ : Mulier, ecce filius tuus. Deinde dicit discipulo : Ecce mater tua. (Joan., cap. xix,
tions, ses désirs, ses espérances, ses audaces, ses forces, ses illusions même, qui vit vraiment de la vie de la foi, qui, le cœur plein de l'amour de son Dieu, n'a pas d'autre règle de tous Iqs actes de sa vie que la sainte volonté de l'ami divin dont il entend dans sa conscience la voix douce et toujours respectée.
L'ardeur de l'âge l'emporte sur les chemins de la liberté ; mais une mesure parfaite contient tous ses mouvements où l'ordre devient d'autant plus admirable que la force d'impulsion est plus vigoureuse.
Il veut connaître, mais la première des sciences, la science des choses divines, règle toutes les recherches de son inquiète curiosité. Sous le prestige du savoir et des formes, il sait découvrir l'erreur que condamnent les principes de sa foi. Là où il ne comprend pas il croit, et l'humble soumission de son cœur le protège contre les mensonges brillants qui font appel à l'activité inexpérimentée de son esprit.
Il veut voir ; mais la beauté chère à son enthousiasme a dans les mystérieux replis de
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son âme un type sacré, auquel il a vite comparé ce qui parle à son imagination et à ses sens. Une secrète horreur l'avertit des apparitions malsaines pour sa vertu ; avant que son front ait rougi, sa conscience a frémi et lui a dit : Passons.
Il veut se réjouir, Dieu l'y invite : « Réjouistoi, jeune homme, dans ton adolescence : Lastare ergo juvenis in adolescentia tua.1 . » Plus tard tant cle préoccupations douloureuses multiplieront les heures tristes et pesantes de la vie ! La matinée invite à la joie, et la jeunesse est la matinée cle notre fugitive existence. Il veut donc se réjouir, mais il sait qu'un chrétien se réjouit dans le Seigneur; que le plaisir a ses heures qui ne doivent jamais empiéter sur les heures laborieuses; que c'est dans la jeunesse qu'il faut s'habituer à porter la sainte croix du travail ; que toute joie est mauvaise quand elle enivre, fait perdre la paix de l'âme et dévore à son profit ce qu'il faut tenir en réserve pour l'avenir ; enfin, que les vraies fêtes de la vie sont celles d'où