Lib. II, in Luc
figures grandioses qui fuyaient au lointain, quand, dans son enthousiasme, il voulait les étreindre. Il parlait, il chantait, il priait, agité par une inspiration qui tourmentait son cœur paternel sans le satisfaire. Épuisé d'efforts et courbé sur sa harpe dont les cordes vibraient encore, il se retrouvait clans une vulgaire solitude, et face à face avec le souvenir importun de ses iniquités passées. La douloureuse ivresse de ses larmes succédait à l'ivresse joyeuse de ses transports prophétiques. Jean, au contraire, est l'heureux témoin des mystères qu'il annonce. Il voit et montre du doigt le rejeton de la tige de Jessé, le Fils Éternel en qui le Père céleste a mis ses complaisances, le sauveur, le régénérateur, le juge suprême de l'humanité. « N'attendez plus : les temps « sont accomplis, je le sais. Bientôt toute « chair verra le salut de Dieu : Videbit omnis « caro salutare Dci1. Celui qui doit venir « après moi a été fait avant moi, né après « moi dans le temps, il est né avant moi dans « l'éternité. Il est au milieu de vous et vous