Luc, cap. VII
Avec la grâce, la paix, c'est-à-dire la cessation de tous les troubles qui sont en nous la funeste conséquence de l'ordre violé; un repos plein de délices clans lequel l'âme n'a plus de craintes pour l'avenir. Il est bien vrai qu'on peut obtenir, à force de crimes, je ne sais quel monstrueux silence de la conscience ; mais alors le pécheur qui s'écrie : la paix, voilà la paix, se ment à lui-même, il n'y a pas de paix pour lui : Fax, pax, et non erat pax1. Un jour le remords s'éveille, lors même que ses morsures ne peuvent plus être salutaires. La paix clans une âme pécheresse ne peut être que le fruit des douces paroles de Celui qui pardonne et rend la grâce. Les reproches de la conscience, les inquiétudes que font naitre le nombre et la gravité de nos fautes ainsi que l'incertitude cle nos dispositions, les orages mal apaisés des passions, tous ces tourments cle l'âme, en lutte avec le passé, le présent et l'avenir, ne disparurent dans l'âme de Madeleine que lorsqu'elle eut entendu le Sauveur lui dire : « Allez en paix : Vade in pace *. »