Psalm. LXVII
clins célestes, l'arbre robuste qu'il faut placer avec honneur clans les constructions de la Jérusalem éternelle.
Or, en l'année 1599, dans une petite ville de Belgique, naissait et croissait une cle ces plantes fragiles et privilégiées du Seigneur. C'était l'enfant d'un humble corroyeur, destiné à remplacer les nobles et vénérables Stanislas cle Kostka et Louis de Gonzague qui venaient cle mourir, et à réjouir encore une fois l'âge d'or de la Compagnie cle Jésus. Sa vie fut courte et simple. J'y ai cherché quelques-uns de ces traits hardiment sublimes qui produisent les grands étonnements et viennent en aide à l'éloquence humaine, et je n'y ai trouvé qu'un développement tranquille, persévérant et toujours progressif de la grâce de Dieu. Ceux qui ne comprennent rien aux mystères cle la vie spirituelle appelleront cela peut-être : la constance dans la médiocrité; mais l'Église, mieux formée à la science clés âmes et des dons de Dieu, y a découvert une vertu héroïque qu'elle propose aujourd'hui à nos hommages. Fort de son témoignage, j'accepte avec joie la mission qui m'est échue de louer devant vous le très ï 2i
modeste, très pur, très fervent et très angélique frère Jean Berchmans, scolastique de la Compagnie de Jésus. Mon sujet me dispense de faire, comme c'est l'habitude quand on loue les saints, la solennelle protestation de mon impuissance ; au contraire, je suis à l'aise clans cette vie si humble, si reposée, si aimable, si charmante. Elle me permet d'être simple et de vous dire simplement quel fut le caractère spécifique de la sainteté du bienheureux Jean Berchmans, et quels enseignements nous devons en retirer.
ce La sainteté, dit saint Thomas, est comme une vertu générale qui s'empare des actes des autres vertus et les ordonne, avec empire, au bien suprême qui est Dieu : Sanctitas... quantdam habet cjenevalitatcm secunclum quam omnesvirtutum actus per imperium ordinat ad bonumdivinum1. » Quand on l'analyse on y