II Ethic, cap. iv
sa vie ; voilà pourquoi, dit saint Isidore dans son livre des Étymologies, les Latins l'ont appelé sanctus, comme s'ils avaient dit: lege sancitus, l'homme protégé par une loi inviolable. On appelait jadis saintes toutes les choses que la loi couvrait de sa protection, contre les violences et les profanations d'une main étrangère. Ainsi en est-il du chrétien qui veut être saint. La loi qui le protège, c'est la première grâce dont son active coopération développe tous les germes cachés, et l'inébranlable résolution qu'il a prise d'être tout à Dieu. Il voit s'évanouir de généreux desseins et s'écrouler de magnifiques entreprises ; des œuvres dont le monde était fier tombent en ruine autour de lui; il en gémit, mais il demeure immobile. Le temps, ennemi acharné de notre constance, ne fait que l'affermir, jusqu'à ce qu'il puisse dire avec saint Paul : ce Tout va bien. Je suis certain, maintenant, que ni la mort ni la vie ne pourront me séparer de l'amour de mon Dieu : Certus sum quod neque mors neque vita me separabit a charitate Dei1.