‹ Discours et plaidoyers choises de Leon Gambetta avec une notice biographieChapitre 17 sur 33 · SUR LES MENÉES ULTRAMONTAINES · texte numérisé non relu

SUR LES MENÉES ULTRAMONTAINES

Prononcé le 4 mai j877

Messieurs,

Avant d'entrer dans Texamen des diverses questions soulevées par Tinterpellation qui vous occupe depuis hiep, je considère, à raison de la gravité du sujet et des soi^ceptibilités de conscience qui y sont engagées, comme un devoir de vous demander une bienveillante et patiente attention.

Je m'efforcerai, dans ce débat, de ne blesser ni les convictions religieuses, ni les convictions philosophiques d'aucun de mes auditeurs, et si par mégarde il m'échappait un mot que vous pussiez trouver excessif, je vous demanderai* de vouloir bien me faire un crédit

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de quelques instants, et je me hâterai soit de l'atténuer, soit môme de le retirer.

En efifet, Messieurs, en abordant un pareil débâ! avec la résolution nette et franche d'aller jusquau fond, je sens qne je pourrai provoquer des oppositions respectables ; mais je crois qu'il y a ici un devoir supérieur à remplir, c'est de nous placer tous audessus des préoccupations oratoires, et, puisque le mal causé par Tagit^^tion ultramontaine dans ce pays en est arrivé à ce point de diviser profondément les citoyens, d'alarmer la France, d'inquiéter l'EJurope, il est nécessaire, dis-je, qu'une Bonne fois, au nom de notre parti, nous disions ici toute la vérité. (Applaudissements à gauche,)

On peut, Messieurs, envisager ce grand débat sous bien des aspects ; on peut rechercher dans nos traditions nationales quels ont été les rapports de l'Église et de l'État, du sacerdoce et de l'empire ; à cette tribune, on peut énumérer les prérogatives et les privilèges de l'Église de France; on peut décrire l'unité politique de la monarchie française se faisant une place à part dans la catholicité et défendant constamment son autorité, son indépendance, sa souveraineté nationale contre les empiétements dft l'Église aux mains de papes plus ambitieux que religieux.

Mais ce n'est pas dans ces querelles que j'ai l'intention de vous entraîner, c'est au fond de la question. Laissant de côté les problèmes du droit canon dans ses rapports avec le droit civil, les querelles de la théologie et les passions religieuses, je dis que, devant ' une Chambre politique, en face d'un gouvernement composé d'hommes politiques, ce qu'il faut, c'est signaler et dénoncer, sous le masque transparent des querelles religieuses, l'action politique d'une faction ; politique. [Bravos et applaudissements à gauche et sur divers bancs au centre,)

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