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Je réponds deux choses : D*abord, cet impôt existe dans beaucoup de pays et n*y a pas donné lieu aux récriminations et aux plaintes dont on nous menace d'avance. En second lieu, je connais, dans notre beau pays de France, beaucoup d*impôts qui occasionnent infiniment plus de tracasseries aux contribuables : rimpôt sur les boissons, sur la circulation, Texerdce chez le distillateur et chez le fabricant. C'est là une objection qui ne doit pas nous arrêter.
Il y aura des dissimulations, c'est possible, quoique je croie que dans ce pays le .caractère national soit plus franc qu'ailleurs et que nous soyons moins hypocrites, moins dissimulés que beaucoup de nos voisins qui se donnent des brevets de vertu parce qu'ils se les décernent eux-mêmes. (Ares approbatifs.) C'est là un petit inconvénient qui serait probablement compensé par un défaut de caractère national que j'appellerai tout court la vanité ; il y a des gens qui seraient tentés de faire une déclaration supérîeure au chiffre de leurs revenues. {On rit.) Ce serait autant de gagné pour le fisc. Or le fisc, c'est tout le monde.
Reste enfin l'administration. Là je pense aussi qu'il y a de grandes réformes à faire, surtout au point de vue des mœurs administratives. Je m'en suis expliqué : j'ai déploré que l'administration ne fût pas maîtresse chez elle ; j'ai regretté sincèrementque lepouvoirexécutifnefûtpassuffisammentlechefuniquedesesagents^et que ses agents ne fussent pas suffisamment les maîtres dans leurs fonctions. On en à pris texte pour dire que j'étais un autoritaire. Il faut entendre ces choses comme je les ai dites. Mon sort serait, après tout, acceptable si on voulait ne m'imputer que ce que je dis et ce que je fais, et non ce que m'attribuent les journaux et mes adversaires. Il ne se fait rien dans une administration sans qu'on en fasse retomber la responsabilité, la faute, sur votre serviteur, qui n'y peut rien. J'ai réclamé l'indépendance de l'administration; j'ai dit
Éx.^ les administrations étaient les intendants de la xrtiine de la France, qu'elles étaient les serviteurs 3. suffrage universel.
X-ie suffrage universel ayant parlé, à partir de ce ipci. ornent le gouvernement qu'il s'est donné doit être lxl3re dans la sphère de ses pouvoirs, libre de toutes X^s sollicitations, de toutes les coalitions, de toutes les ^^xitatives que Vxyn fait pour entreprendre sur ses préirogatives. Nous sommes dans une démocratie, et non dans un régime de faveur; nous avons une démocratie élective, et non le gouvernement d'une maison privilégiée qui voit pulluler les créatures autour d'elle.
Quand je défends l'administration à ce point de ^ue, je dis que je suis plus libéral, plus démocrate cjue ceux qui prétendent qu'on doit tout livrer aux pratiques, aux compétitions et aux influences parlementaires. {B7'avos et applaudissements,)
Maintenant, au point de vue des relations de cette administration générale de l'État avec les corps électifs et avec les individus, voici ce que je pense. Je pense que la centralisation politique, c'est-à-dire le lien qui rattache toutes les parcelles du territoire français au centre du pays, c'est-à-dire à l'État qui est tout le monde, je pense que ces liens doivent être maintenus au-dessus de toute atteinte, de tout relâchement, car je n'oublie pas que si la France a été dans tous les temps une puissance unitaire, elle a besoin de le redevenir. ( Vifs applaudissements,) Eh bien, je dis que ce lien de centralisation politique doit être maintenu intact au nom des intérêts supérieurs de la France. Est-ce à dire que je sois partisan de l'asservissement des corps électifs? Est-ce à dire que je voudrais voir exercer une tutelle exagérée sur les affaires locales? Non; loin de là! Je pense, au contraire, que chacun des corps électifs doit avoir sa sphère d'action parfaitement libre; je pense que nos communes de' France, que je trouve trop petites, devraientètre grou-
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pées de manière à porter leur existence et leur déve* lopperoent au canton. Le canton, voilà pour moi te point de départ d*une réorganisation administratÎTC du pays. Je voudrais que ces communes, grosses o« petites, de quelque nom que vous voudrez les nommer, eussent chacune leur force propre, que chaque commune eût le droit de gérer ses biens, d'emprunter, d'hypothéquer à ses risques et périls et d'être véiitablement propriétaire dans le domaine de ses intérêts purement locaux.
Mais, dans tout ce qui a rapport à la sécurité de l'État, à l'impôt, à l'armée, à l'exécution uniforme des lois, oh ! là-dessus, il m'est impossible de conférer à une commune, ni petite, ni grande, rien qui puisse ressembler à une mutilation de la patrie. {Vive approbation.) Voilà ce que je pense de la réforme de l'administration.
Une voix. — Et les maires?
M. Gambetta. — Oh! quant aux maires, vous savei mon opinion. J'ai défendu contre le ministère actuel, lorsque la loi a été présentée, le droit à la nomination des maires. Par conséquent, je n'insiste pas.
Il reste une grosse question : c'est la question de la liberté d'association. Il est urgent, il est nécessaire d'aborder résolument cette question, et tout de suite. Il faut que le droit d'association appartienne à tous indistinctement. Je m'explique : à tous les citoyens, à tous ceux qui se réuniront, non pour abdiquer leur individualité, mais pour la multiplier dans le travail et dans l'association des énergies, à tous ceux qui se réuniront pour un intérêt vraimen.t moderne et national à un degré quelconque pour se faire à eux-mêmes une charte et des statuts, et non pour les recevoir d'un étranger qui du dehors leur dicte des lois. {Vive approbation.) Je veux que ce droit soit véritablement compris comme la mise en œuvre de la liberté du travail, comme la mise en œuvre de l'association des