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Ce que Tofi.% arez fait? Je ne parle plus au point de f fie de cet enseignement supérieur que tous arez pu jet^rf danii eette masse d'ouTriers intelligents et aTides d^ n'in^imire qui sont l'honneur de Paris: non, je laiiHe^ p^/fir le moment, cette grande moisson d'esprits que TOUii avez engerbée et engrangée depuis im âêrtm-ikïh'.iét. ' Mouvement et applaudissem^emis prokmgén., J'^rriire, vous le sentez bien, à la chose qui me louche de plus près pour ma part; j'arrive au carac-
tère politique de votre œuvre, car la politique est dans tout, Messieurs. En effet, qu'est-ce que la politique? Ce sont les destinées mêmes du pays qu'on habite; c'est ce que lui réserve la bonne ou la mauvaise conduite des concitoyens qui le composent; c'est aussi ce que la fortune peut apporter à ce pays de sourires et de réparations. [Longs applaudissements.)
De bonne politique, vous en avez fait bien plus que vous ne pensez, en excluant précisément la politique de votre enseignement, en vous interdisant toutes polémiques, toutes querelles de partis et de sectes. En effet, quel a été le résultat de votre action? Il a été immense, et on ne saurait trop le proclamer, d*abord pour que votre action soit imitée, et ensuite pour que justice vous soit rendue. {T7*ès hien! très bien!)
Savez-vous ce que vous avez fait? Vous avez dit, d*abord, à tous ces humbles, à tous ces travailleurs, à tous ces hommes qui vivent de leurs mains et qui ont à peine reçu les premières lumières de rinstructiou primaire^ — et Ton sait si cette instruction populaire est encore restreinte et parcimonieuse, — vous leur avez dit : Venez, j'ai des maîtres dévoués qui vous donneront le superflu de leur temps, ce qui est souvent le nécessaire de leur intérieur... [Salve dapplaudi8sements),ei vous, ouvriers, vous donnerez le superflu de ce que la fatigue et un labeur obstiné vous laissent de loisir; et alors dans cette communication sacrée, moi, apportant ce que je sais, et toi, apportant ton attention et ta bonne conduite, tu emmagasineras les résultats de mes études et de mes travaux personnels. [Adhésion unanime et applaudissements répétés,)
C'est ainsi. Messieurs, qu'est sortie de ces relations, de ces rapports la vraie fraternité démocratique... [Bravos.) De ce concours, de ce rapprochement, il est sorti 400,000 ouvriers qui, tous, ont pu connaître, toucher,
lUO AMPHITHÉÂTRE DE LA SORBONNB.
acquérir les lois de leurs procédés et de leur pratique, les rapports supérieurs de leurs gestes d'ateliers avec les lois physiques, chimiques, géologiques de tout le champ de Tintelligence humaine. Il est arrivé, par contre-coup, — et c'est ici que j'introduis la politique, — qu'avec ces habitudes de se rendre compte, de raisonner, qu'avec ce goût de la science et cette passion de s'instruire, ces ouvriers ont demandé la démonstration de ce qu'on leur disait dans la politique. Et alors la chimère, le fantôme, ont disparu devant la clarté faite dans leur intelligence. Ils avaient cessé d'être pour les déclamateurs une proie facile. 11 fallait avoir raison, et comme on n'a raison que lorsqu'on est la vérité, ils étaient forts contre l'erreur, de quelque côté qu'elle vînt. (Acclamations et applaudissements prolongés,)
Et ce sont ces ouvriers qui ont répandu ces nouvelles habitudes d'esprit; ce sont eux qui ont, pour ainsi dire, engendré cette dialectique qui s'empare des intelligences dans notre nouvelle démocratie et qui la rend réfractaire à des agitations qui peuvent bien troubler ceux qui ont intérêt à les grossir, mais qui laissent, soyez-en sûrs, la France très calme et l'ordre parfaitement assuré. {Assentiment général, — Longs applaudissements.)
Oui, c'est à eux que nous devons cette métamorphose de la démocratie républicaine, et quand je dis « républicaine », ce n'est pas que j'en connaisse une autre. Il n'y en a qu'une : c'est celle qui est fondée sur la souveraineté nationale et qui n'en admet ni la concession ni l'aliénation, soit à titre définitif, soit à titre viager. [Vive adhésion,) J'ajoute « républicaine » par habitude. Il n'y a, Messieurs, qu'une démocratie : c'est la démocratie française. [Salve d'applaudissements.)
Je répète. Messieurs, que c'est à votre action lente mais constante que nous devons ces résultats ; car on
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ne fait rien sans le Icmps, et ceux qui s'imaginent que rhumanîté peut se conduire comme on conduit une expérience et que, en un jour et une nuit, comme certains professeurs qui sont ici peuvent se le permettre sur des êtres inférieurs, on peut modifier les rapports de la vie et de la nature tout entière, ceux qui slmaginent cela, l'oxpéricnce nous l'apprend, sont des sophistes ou des trompeurs. [Très bien! trh bien! — Approbation unanime,)
Ce n'est pas pour ceux-là que je parle : je parle surtout pour ceux qui croient, soit par vice d'éducation, soit par morgue, soit par un cert«iin sentiment d'enflure personnelle, que c'est une imprudence, quelque chose comme une indignité, d'approcher la coupe de la science des K-vres du peuple. Ceux-là ne m'effrayent plus; ils m'ont inquiété dans le passé; ils ne m'inspirent plus que de la compassion : et quand je pense à quelles dégradantes subtilités ils en sont tombés pour conserver à leur doctrine une ombre d'existence, jo n'ai d'autre ressource que celle qui restait au grand poète de Florence : Je regarde, et je passe. [Applaudissements prolongés,)
Eh bien, Messieurs, celle ère nouvelle que nous vous devons, ne pensez-vous pas qu'elle constitue un titre précieux de pralilude et de reconnaissance pour l'Association polytechnifiue? Et quand vous allez poursuivre votre œuvre en appelant tous les jours à la science, à l'éducation, à la solidarité sociale, un plus grand nombre d'esprits vous élait-il permis de penser que nous pouvions manquer à cette fôte, à ces noces d'or de votre Association? [Irès bien! tî'ès bien! — Vt'fs applaudissements,)
Non ! et en ce monuMit heureux où vous célébrez ces premières noces d'or, me pardonnerez-vous, sans sortir du sujet, de faire des vieux en votre faveur et de vous adresser, pour ainsi dire, un épitbalame? {Bravos,)
lot AMPHITHÉÂTRE DE LA SORBONNE.
Je VOUS annonce, sans vouloir prendre le r61e de prophète, ce que vous ferez, — je ne dis pas ce qui vous reste à faire. Voici ce que vous ferez, dès demain : Vous susciterez, vous organiserez des sections de votre Association dans les quartiers de Paris où vous n'en avez pas encore, dans les villes de province où vous n*avez pas prolongé de ramiûcations. Aussi bien, pour atteindre ce but, n'hésitez pas à faire appel au concours de vos amis, au concours de tous les bons citoyens; ce concours vous est dû, et vous l'obtiendrez si vous le réclamez au nom des services rendus.
Oui, Messieurs, étendez votre action ; portez la bonne parole, portez votre apostolat scientifique, vos excellents conseils de sage conduite politique et sociale ; portez-les en province, dans d'autres agglomérations. Vous êtes, et plus certainement que ne le disait le fondateur d'une religion... rassurez-vous, Messieurs, je ne veux pas l'attaquer [Sounres approhalifi), — je n'attaque personne ( Fi>;e approbation), — vous êtes des pêcheurs d'hommes... {Vive adhésion et applaudissements prolongés,) Encore une fois, répsgidezvoussur la surface du pays; livrez-vous sans relâche à cotte pêche miraculeuse que vous avez si bien commencée; vos filets sont d'or, les mailles en sont solides ; péchez, péchez : c'est l'avenir de la France que vous rapporterez dans vos filets. (Explosion d'applaudissements, — Long mouvement,)
Messieurs, nous sommes entrés dans une ère nouvelle ; nous avons, — et je parle ici sans préoccupation de parti, — nous avons dépouillé le vieil homme. La France a été à une rude école : à l'école du malheur, des malheurs venus du dehors et des malheurs suscités au dedans. Mais c'est grâce à des auxiliaires tels que vous que nous avons dépouillé le vieil homme. Désormais, notre démocratie a pris conscience de son droit et de sa force. Gomme vous, elle se sent dans la seconde jeunesse; comme vous, elle sent que, main-
tenant, elle ne peut avoir d'autre guide qu'elle-même, d'autre passion que la passion des nobles intérêts qui constituent son patrimoine, d'autre ambition, — mais celle-là, ambition irrésistible et sentie par tous, — que de remettre la France à son véritable rang de grande nation par le travail, par la science, par la vertu, par la solidarité. {Double salve (F applaudissements.)
Vous êtes les ouvriers de cette œuvre. Nous tenons à nous associer à vous. Aussi, quand vous le voudrez, n'hésitez pas à réclamer notre concours ; nous sommes des vôtres, et c'est avec vous que nous voulons marcher. {Nouveaux applaudissements.)
Je pourrais énumérer vos bienfaits individuels ; je pourrais citer les hommes de talent, quelquefois de génie, qui sont sortis de vos rangs, grâce à cette diffusion des lumières de la science qui s'est faite depuis cinquante ans par vos mains; mais vous connaissez cette histoire; vous en êtes les vrais auteurs, et puis, permettez-moi de le dire, cette histoire a été faite, et bien faite, par vos présidents et vice-présidents, et je ne veux marcher sur le terrain de personne. Je préfère terminer cette courte allocution, — je dis « courte » parce que je n'ai pas dit tout ce que je pensais de vous, trop longue si j'ai forcé votre attention (Non! non!), — je préfère terminer en affirmant que c'est par le développement d'institutions analogues, par la pratique des vertus que vous professez et qui de jour en jour deviennent les vertus de ce grand parti républicain désormais confondu avec la nation, que nous ferons les progrès que nous désirons, Messieurs, et vous, Mesdames, — car il faut, Mesdames, vous associer à notre œuvre et, certes, ce ne sont pas celles qui sont dans cette enceinte qui peuvent être suspectes d'indifférence : leur présence ici révèle la pensée la plus gracieuse et la plus féconde de votre institution, qui est d'associer à la distribution que