DE L'ESCLAVAGE
Nous reproduisons, d'après la Ri^publiqite française^ le compte-renda suivant:
« Le banquet anniversaire de Tabolition do TesclaTage dans les colonies françaises a eu lieu hier soir, à sept heures, sous la présidence de M. Schœlcher, sénateur, dans la salle de Fêtes du Grand-Orient de France.
(c M. Victor Schœlcher, avant de se mettre à table, a prononcé ces paroles :
« Messieurs et chers concitoyens,
c En prenant le fauteuil de la présidence oJi vous vous attendiez naturellement à voir M. Gambette, j*ai besoin de dire que s'il ne l'occupe pas, c'est que, par une déférence toute gracieuse pour mon âge, il a résisté aux instances que j*ai mises à le lui offrir. Permettez-moi de lui exprimer combien je suis sensible à la marque de considération et d*ainitié qu'il m'a donnée par son refus.
« Puisque je suis à celte place, je me réserve. Messieurs, de vous adresser quelques mots à la fin de notre repas fraternel. Mais je ne veux pas attendre jusque-là. Monsieur l'amiral, sans vous remercier, au nom du comité, d'avoir bien voulu accepter notre invitation. Personne ne l'ignore ici, vous avez pris rang parmi les abolitionistes ; grâce à vous. Monsieur le ministre, l'abolition de l'esclavage est devenue
une vérité au Sénégal où il se cachait sous de mensongères raisons d'État. Je n'hésite pas à exprimer ma profonde conviction que la France vous remercie d'avoir restauré par là dans notre colonie africaine le culte de la loi, le respect de notre vieux droit public et l'honneur du drapeau national. (AppUmdisssments,) »
ce M. Gambetta a répondu :
« Messieurs,
a Je ne puis pas laisser dire à M. Schœlcher que le fauteuil de la présidence me revenait. Dans une réunion de républicains, et surtout d'anti-esclavagistes, la présidence revient à Jf . Victor Schœlcher. »
« Ces paroles sont vivement applaudies.
« Vei-s neuf heures, le président donne la parole à M. Gerville-Réache, l'un des organisateurs du banquel. M. Gerville- Réache donne lecture de différentes lettres d'excuses adressées par MM. Louis Blanc, Faustin-Hélie, Arago et qui regrettent de ne pouvoir assister à la fête commémorative.
« Puis, M. Victor Schœlcher prononce le discours qui suit :
c< Messieurs et chers concitoyens,
« Le gouvernement provisoire de 1848, ce gouvernement dont les décrets forment un livre de morale admirable, en même temps qu'il proclamait la République et l'abolition de la peine de mort, en même temps qu'il émancipait la France en lui donnant le suifrage universel, émancipa les esclaves de nos colonies. Il n'hésita pas à leur conférer avec la liberté le titre et les prérogatives de citoyens français, y compris le suffrage universel. La manière dont eux et les hommes de leur race en font usage depuis trente ans prouve qu'ils étaient dignes d'entrer dans la grande famille française.
« Quelle merveilleuse puissance est celle de la fidélité aux principes éternels de justice ! lis font le bonheur quand ils triomphent de ceux-là mômes qui s'efforcent de les entraver. La prédominance de l' i ntérôt moral tourne toujours finalement au bénéfice des intérêts matériels. Les possesseurs d'esclaves repoussaient avec passion l'émancipation. A les entendre, elle était grosse de catastrophes ; l'esclavage était inséparable de l'existence des colonies ; le détruire serait leur
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ruine à bref délai. 11 est détruit, et la grande délirrance s^esl accomplie avec une facilité qui a dépassé ce que ses promoteurs mêmes pouvaient espérer, et les colonies, tranquilles depuis le premier jour de leur affranchissement, sont mieux cultivées que jamais; il est détruit, et demandez aux anciens maîtres encore vivants ou à leurs héritiers s'ils voudraiont y revenir. Pas un, pas un seul qui ne vous réponde non, je dirais avec la plus entière sincérité s'il y avait des degrés dans la sincérité.
« J'insiste sur ce point, Messieurs : je suis dans la vérité historique la plus absolue. Les affreux désastres de Saint- Domingue, que Ton attribue trop souvent à rémancipation des esclaves, ne lui sont pas dus. Lorsqu'elle fut prononcée, rilc était mise à feu et à sang depuis deux années par les guerres intestines des partis qui la dévoraient.
a La République dn 18^8, lorsqu'elle refusa d'écouter les prophètes de malheurs, lorsqu'elle prit avec tant de succès la responsabilité de Témancipalion immédiate des esclaves, leur restituait simplement, du reste, la libellé que leur avait accordée la République de 1792 et que leur avait enlevée rexécrabic trcaltre du 18 brumaire. Oui, il n'est pas inutile de le rappeler, car nous l'oublions trop nous-mêmes, la France au milieu de ses gloires compte celle d'être la première nation qui ait réparé Fou tragc que faisait à la race humaine tout entière l'asservissement de la race noire. En etfet, quand l'Angleterre, grâce aux persévérants efforts des Sharp, des Allen, des Clarkson, des Wilberforce, des Buxton, prononça l'abolition de l'eselavage, en 1837, dans ses possessions d'outre-mer, elle ne faisait qu'imiter l'exemple que lui avait donné en 1792 la Convention, cette Assemblée de géants qui eut tous les courages, toutes les mâles énergies du cœur et de l'esprit, et qui renouvela la face du monde.
« L'ardent républicanisme de l'immense majorité des créoles français s'expliquerait par la reconnaissance, à défaut de tout autre sentiment noble, car c'est aux gouvernements de 1792 et de 1848, qu'ils doivent d'être libres. Pour eux, monarchie et empire veulent dire esclavage; République veut dire libération. On ne pourrait pas plus comprendre qu'ils ne fussent pas républicains, qu'on ne peut comprendre qu'un fils ne respecte pas sa mère. <c Messieurs et chers concitovcns, une commémoration
comme celle qui nous rassemble aujourd'hui n'est pas seulement un hommage rendu à un grand acte libérateur ; elle excite, en tenant l'attention publique éveillée sur la question de Témancipation, elle excile l'émulation des abolitionistes, qui en Espagne et au Brésil poursuivent l'œuvre humanitaire accomplie chez nous. Il reste, hélas ! des chaînes à briser dans ces deux pays. Les Cortès, par leur décret trop tardif d'affranchissement du ^3 février ^880, ont imposé aux affranchis un apprentissage de sept années, comme un moyen de les préparer à faire bon usage de Tindépendance. Or, cet apprentissage n est et ne saurait être qu*une prolongation de bail accordée à la servitude. Il n'y a d'émancipation honnête, sincère, efficace, pouvant avoir de bi>ns résultats, qu'une émancipation immédiate, sans transition, telle qu'elle a été pratiquée en France et aux États- Unis. On ne peut pas plus apprendre la liberté à un esclave sans le mettre en liberté, qu'on ne peut apprendre à nager à un homme sans le mettre dans l'eau.
« La société espagnole d'abolition ne s'y est pas trompée, et dans sa séance du 25 mars dernier elle a adopté les deux résolutions suivantes : « La loi du 43 février 1880 est con- « traire aux principes du droit et aux expériences aboli tio- « nistes de tous les peuples modernes. Notre société « persévérera dans ses efforts et sa propagande aussi long- « temps que la servitude déshonorera un territoire espagnol « sous quelque forme et quelque prétexte que ce soit. »
« Quoi qu'il arrive, vous le voyez. Messieurs, les jours de l'esclavage à Cuba sont comptés.
«Pour ce qui est du Brésil, son acte d'aboIition,daté de 1871, est une déviation plus grave de la vérité du principe. Il prononce ce qu'on appelle l'affranchissement par le ventre, c'est-à-dire que l'enfant né de toute femme esclave est déclaré libre et encore à la condition de demeurer dans la dépendance absolue du maître de la mère jusqu'à l'âge de 21 ans. On voit que si l'on s'en tenait là, ce pays où il y a encore 1 ,500,000 ilotes ne serait pas purifié avant la durée d'une génération, 25 ou 30 ans. En effet, la servitude n'y prendrait fin qu'à la mort du dernier esclave né la veille de 1871.
« L'empereur du Brésil, que l'on dit être un homme libéral, doit éprouver une cruelle humiliation d'être le seul
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de la presse et le droit de réunion comme en France, ce qui, à la vérité, selon moi, n'est pas beaucoup dire; à cette heure, le Sénat est saisi d'un projet déjà voté par la Chambre des députés qui leur applique la loi du service militaire. Avant peu cessera le reproche qu'elles méritaient de ne pas payer l'impôt du sang. Glorieux de leur titre de citoyens français et en ayant toutes les prérogatives, il est juste que les colons en partagent toutes les charges. Ainsi, bientôt on ne pourra plus appeler les colonies des pays d'exception. Faisant d'année en année un nouveau pas vers l'assimilation de leur régime à celui de la métropole, cette assimilation permettrait dès aujourd'hui de changer leur nom en celui de dépailements français d'outre-mer. (Bravos,)
« Aucun département métropolitain ne s*impose plus qu'elles de sacrifîces pour l'instruction. Leur budget scolaire est considérable, leurs écoles sont nombreuses et assidûment fréquentées; tout récemment, les conseils généraux de la Martinique, de la Guadeloupe et de la Guyane ont voté les fonds nécessaires pour avoir un lycée laïque qui leur manquait. La Réunion, elle, a le sien depuis de longues années. Elles marchent, elles marchent au pas de la mère patrie, et le progrès y entraîne dans son ascension continue le petit nombre des résistants, comme on le voit en France, pour affermir la République désormais impérissable.
« L'assimilation législative, administrative, judiciaire et militaire des colonies à la métropole, dont je parlais tout à l'heure, a un autre avantage considérable : c'est qu'en rapprochant les diverses classes de leur population, en les mettant en contact perpétuel, elle amène 'naturellement, sans contrainte, par la seule force des choses, la destruction du préjugé de couleur, de ce dernier vestige de l'esclavage qui trouble encore la société coloniale, le seul, l'unique obstacle qui empoche tous ses membres de mettre en commun leur activité, leurs forces intellectuelles pour développer sa prospérité sous la bienfaisante influence des idées d'estime réciproque et de fusion sociale. {Très bien! très
bien !)
« A ce point de vue, chacun de nous se réjouit particulièrement, Monsieur l'amiral, que vous soyez des nôtres. La présence du ministre de la marine et des colonies à ce banquet de la liberté aura une portée d'une valeur politique
extrême aux colonies. EUe y apprendra aux retardataires qu'il faut définitivement renoncer aux vaines distinctions de caste, que le gouvernement n'y reconnaît d'autre supériorité que celles du mérite, du talent, de l'honorabilité et de la vertu. (Bravos,)
u Dans une pensée du même ordre, nous ne nous réjouissons pas moins, mon cher Gambetta, de vous voir à cette table, car vous n'êtes pas seulement le plus sympathique, le plus admirable orateur de la démocratie française, vous êtes le président élu de la Chambre des députés, une très grande autorité politique. (Applaudissements.)
« Ne nous est-il pas permis dès lors, Messieurs, de dire avec, d'ailleurs, toute la réserve convenable et sans les engager au delà de ce qu'ils veulent l'être, que le Parlement et le gouvernement sont avec nous ce soir?
«Plus que jamais parait infailliblement assuré de la sorte le triomphe du droit, de la justice, de l'égalité et de la concorde de toutes les races dans la France d'outre-mer, pour le bonheur de tous ses habitants. Plus aussi, mon cher Gambetta, les amis de l'humanité seront heureux d'entendre à cette occasion votre voix si puissante dire : Guerre à l'esclavage! liberté, liberté aux esclaves dans le monde entier ! » (Salve d'applaudissements,)
« MM. Gerville-Réache, Paul Soleillet. Garcin-Ladevèzc et Servatius, prennent la parole pour porter des toasts à la République, à la Révolution de 1848, à M. Ruis Zoriila et à M. Victor Schœlcher.
« M. Châtelier porte un toast à M. Gambetta et à M. le vice-amiral Cloué , ministre de la marine.
« M. Gambetta répond en ces termes :
Messieurs ,
M. Châtelier vient de porter ma santé, et il ne fallait pas moins que cette provocation pour me faire sortir du silence que j'étais résolu à garder. Au sujet d'un vœu auquel tout le monde ici a adhéré, on a associé mon nom à celui de M. le ministre de la marine et des colonies. Je ne réponds pas pour M. le
ministre; il s'acquittera de sa dette personnelle (rrés bien! très bien!); mnis je ne puis refuser quelques mots de réponse. Je vous avoue pourtant, Messieurs, que la menace contenue dans chaque discours que j'entendais, que cette assertion répétée que vous étiez animés de Timpatience de m'entendre, je vous avoue que ces paroles me mettaient dans une situation bien embarrassante. En effet, je voulais m'asseoir simplement à votre table en invité, sans être obligé de prononcer régulièrement un discours à la fin du banquet.
Je suis venu ici d'abord pour honorer avec vous une grande cause, une date mémorable, une victoire de cette Révolution de février 48 tant calomniée et que l'histoire fait tous les jours plus triomphante. {Très bien! très bien! — Applaudissements.)
Je suis venu ici pour mettre ma main dans la main de notre aîné, de ce guide autorisé du parti républicain dans les deux mondes. ( Vifs applaudissements. )
Je ne suis pas venu pour faire un discours; je ne suis pas venu pour vous entretenir d'un sujet qui ne laisse plus rien à dire à personne après ce qu'en a dit et écrit celui qui nous préside (M. Schœlcher). Je suis venu pour m'associer à tous mes amis en faveur d'une cause embrassée par trop d'esprits généreux, soit en Espagne, soit en Angleterre, soit en Amérique, — dans l'Amérique du Nord comme dans l'Amérique du Sud, — pour ne pas rallier bientôt l'unanimité sur tout le globe habité. {Très bien! très bien!)
Mais il ne faut pas que la manifestation de ces sympathies vous inflige un discours de ma part; je n'ai qu'une intention, c'est de répondre à l'ensemble des paroles qui ont été prononcées à ce banquet, aux sentiments qui s'y sont fait jour, par un toast qu'à mon tour je porte aux Français d'outre-mer. {Applaudissements.)
La France ne sera jamais assez grande ni assez
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peuplée. [Très bien!) Lorsqu'on a augmenté le nombre de ses citoyens, que ce fût aux portes mêmes de la patrie ou dans ses prolongements au delà des mers, on agrandissait la France; et il suffit, Messieurs, qu'an jour dont vous fêtez la mémoire on ait fait des Français, pour que ce souvenir soit entre tous joyeux et réparateur. [Très bien! très bien!)
Je bois donc aux Français d*outre-mer, sans distinction de couleurs, de classes ou de castes; la Déclaration des Droits de Thomme, — et c'est notre Évangile, — n'a pas distingué entre les hommes suivant la couleur, le rang où le sort les a placés dans l'échelle sociale. (Applaudissements.) C'est là ce qui en faisait le caractère auguste, souverain, élargissant même la portée de la régénération nationale : au lieu de dire (c les droits du Français et du citoyen », elle disait <c les droits de l'homme et du citoyen », marquant par là que quiconque se réclamerait de la famille humaine par son organisme, sa conformation, dans l'étroit enchaînement de la série des êtres, devait, par droit de naissance et de ressemblance, être admis à la participation de la liberté et de la dignité humaines. (Bravos et applaudissements,)
Les droits de l'homme et du citoyen 1 II fallut la Révolution de 92 pour les proclamer, comme on vous l'a rappelé, et quand l'astre de la Révolution s'éclipse momentanément, vos principes en reçoivent le contrecoup, et il faut le retour de la forme républicaine pour amener le retour et la restauration de ces principes. (Très bien! très bien!)
Après 92, nous arrivons à 48, et vous, Schœlcher, vous tracez dans une langue lapidaire ce décret immortel qui n'a que deux lignes : La République française n'admet pas d'esclaves sur la terre française. (Approbation unanime.) Puis bientôt après, on vous conteste les conséquences légitimes, naturelles, de ce décret libérateur, et il faut cette tant calomniée
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révolation du 4 septembre pour restituer l'exercice des droits politiques, le suffrage universel aux Français d'outre-mer. Ce décret a survécut et il nous a même peut-être valu de ne pas voir se compliquer nos dissensions intestines de guerre civile à Tintérieur, car, avec le droit, nous avons eu le nombre à TAssemblée nationale. {Vive adhésion et applaudisse^ tnents,)
Après les épreuves subies, — je passe rapidement, — nous sommes revenus à un gouvernement plus libéral, plus soucieux de la dignité humaine, plus intéressé à donner à la manifestation de l'opinion publique, à la voix de la majorité légale du pays les satisfactions qu'elles réclamaient. Alors, à côté de l'exercice régulier du droit de suffrage, on a vu introduire, par assimilation avec la mère patrie, les lois sur les organisations administrative, judiciaire et militaire, cette dette du sang que les colonies ambitionnaient de payer, car on peut regarder dans leur histoire, dans leur passé, on constate qu'il n'y a pas de plus vaillants Français que les Français d'outremer. {Applaudissements prolongés,)
Et aujourd'hui, Messieurs, — je le dis devant vous tous, les représentants des colonies, — je crois que ce que vous avez à réclamer, c'est Tassimilation do plus en plus étroite à la mère patrie, assimilation qui ne vous sera pas longtemps disputée.
Je suis convaincu qu'il y a là des œuvres qui réclament une mise en train immédiate, que vous saurez bien travailler vous-mêmes à définir et à fonder. Vous êtes en possession des mêmes libertés que la France ; vous estimez peut-être qu'elles ne sont pas assez complètes, je crois qu'elles suffisent pour le moment à préparer le reste, et elles recevront leur complément nécessaire avant peu.
Cette assimilation que vous avez réclamée, vous en avez obtenu la majeure partie; encore un effort,
encore un vote, encore une représentation, et je pense qu'entre la France d'outre-mer et la Frcince continentale il n'y aura plus de dissemblances; il n'y aura qu'une France, la vraie, la seule France, et il n'y aura qu'un drapeau, celui auquel je bois. Messieurs, le drapeau national. ( Vive approbation et applaudissements prolongés.)
C'est à ces Frant^Mis que j'ai pensé en vous écoutant tous. Ce que je voudrais, c'est que dans une circonstance moins solennelle, réunis entre nous, nous examinions les abus dont parlait M. Gerville-Réache, les réformes à faire dont nous entretenait en glissant notre honorable président, et qu'avec le concoure du gouvernement et des Chambres nous arrivions à faire une œuvre pratique et positive. Vous savez comment elles se font, les œuvres pratiques; vous savez comment on mène à bien une longue et difficile expédition ; soyez convaincus que vous avez fait le plus fort, le plus difficile, et que vous laissez à vos successeurs, à vos héritiers, une tâche relativement aisée; ils pourront se dire, quand ils toucheront le terme : C'est à M. Schœlcher que nous devons tout, c'est lui qui nous a ouvert la voie... {Vive approbation.)
Je porte, pour terminer, la santé de notre honorable président : A Victor Schœlcher, au plus ferme, au plus digne républicain de France! {Adhésion unaîiimt*. — Applaudissements et bravos répétés.)