‹ Discours et plaidoyers politiques de M. Gambetta (volume 2)Chapitre 52 sur 97 · L.Jl. NT-I^I · texte numérisé non relu

L.Jl. NT-I^I

admirable càme de la démentie répabUcaine aimit eo. daa% le cour» de D->lre hl5t«>ire. en arant ses poa$sée^ chroniques et aas§i ses défaillances et ses retoars en arrière, éjzaleoient chroniques, et il m*est apparu arec la clarté solaire que ce qoi araît (ail autrefois la triste gloire de l'héroïsme démocratique, en même temps que sa perpétuelle confusion dans les affaires. c*eftt que notre parti sacrifiait trop, d*un côté, à Tesprit de chimère, d aventure et de violences, et que, d'un autre côté, du côté des classes dirigeantes, le reste de la France avait cédé à la plus basse, à la pire des passions sociales, à la peur : la peur, mal terriblement français en politique, la peur, le pire des conseillers d'une nation; la peur, qui a fait souvent, avant l'adoption de la politique que je défends devant ceux qu'on a appelés les dirigeants, que les bourgeois ont été obstinément opposés , aveuglement fermés à toutes les idées de revendication politique: la peur, qui faisait qu'à la moindre rumeur publique la rue s'emplissait de bruit et de force militaire et que tout se liquidait par la mort et la misère des uns — toujours les mêmes — et par la victoire abjecte des cynismes et des apostasies accouplés pour le triomphe de la réaction. [Double saice d'applaudissements,)

Voilà ce qui m'a inspiré de rompre avec ce passé et de me dire : Tu consacreras ta vie à soutirer l'esprit de violence qui a tant de fois égaré la démocratie, à lui interdire le culte de Tabsolu, à la diriger vers Tétude des faits, des réalités concrèlcs, à lui apprendre à tenir compte des traditions, des mœurs, des préjugés, — car les préjugés sont une force, on ne les brise pas : il faut les dissiper par la persuasion et la raison. {Applaudissements.) Tu apprendras à ton parti à abdiquer, à détester l'esprit de violence. Tu t'efforceras d'arracher raiguillon de la peur qui pousse à prendre des mesures de réaction. Tu te présenteras, — et c'est par là que nous avons vu le succès couronner nos premiers

efforts, — lu te présenteras comme une sorte de conciliateur entre les intérêts des uns et des autres ; et si tu pouvais arriver à réaliser cette alliance du peuple et de la bourgeoisie, tu aurais fondé sur une assise inébranlable l'ordre républicain. {Fres bien! très bien! — Applaudissements unanimes.)

Et alors, qu'estrce que nous avons fait? qu'avonsnous fait dans les Chambres, dans le pays? qu'avonsnous fait dans la presse? Nous avons fait cette double propagande, ce double prosélytisme; nous avons parlé à la fois aux prolétaires et aux bourgeois, essayant de les convaincre de part et d'autre, et nous avons réussi. Car, Messieurs, ne l'oubliez pas, c'est grâce au triomphe de cette politique que nous avons vu d'abord l'adoption du régime républicain par le pays dans son immense majorité ; c'est grâce à cette politique pratique , à cette politique expérimentale , ayant ce caractère vraiment moderne et contemporain, que la bourgeoisie a laissé de côté ses frayeurs , ses aversions, ses antipathies; c'est grâce à cette politique que l'on a pu installer dans les communes , dans les conseils généraux, dans les départements, et faire monter jusqu'aux grands pouvoirs publics, quoi?... L'expression des vœux de cette partie de la nation française que j'ai appelée les nouvelles couches sociales, qui sont aujourd'hui aux affaires et qui les gèrent à la grande confusion, au dépit et à la rage des partis vaincus , et pour la plus grande prospérité de la France. {Applaudissements répétés.)

Cette politique, qui est véritablement nationale, car elle s'adresse à tous les membres de la famille française, à l'ouvrier des champs, comme à l'ouvrier des villes, à l'homme de labeur et d'étude dans son cabinet, comme à celui qui sert sa patrie sur les champs de bataille, cette politique est celle qui dit à tous : Désormais vous pouvez être absolument convaincus que cette démocratie, par les exemples de sagesse

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