A CHARONNE
(paris)
Après avoir traité des réformes politiques dans le discours de Ménil montant, M. Gambetta se proposait d'étudier dans la seconde réunion, à Charonne , les réformes sociales. La coalition des intransigeants et des bonapartistes Ten empêcha.
Nous reproduisons, d*après la République française du 17 août, le compte rendu de la réunion de la rue Saint- Biaise :
RÉCNtON ÉLECTORALE DU XX* ARRONDISSEMENT
(Compte rendu stënogpraphique in extenso.)
« I^ séance est ouverte à huit heures et demie.
« L'entrée de M. Gambetta est saluée par les cris de : Vive la République ! Vive Gambetta ! En même temps des sifllets se font entendre dans une partie de rassemblée.
« II est procédé à la constitution du bureau :
« Sont élus :
« MM. le docteur Métivier, président ; Garnier, premier assesseur ; Rabagnj, deuxième assesseur ; Bureau, secrétaire.
« Plusieurs membres réclament la nomination de M. Réties comme assesseur.
« M. Métivier, président. — La parole est donnée au citoyen Gambetta pour développer son programme.
M. Gambetta. — Citoyens... {Réclamations et bruit,
— Inlennipttons dive7*s€s,)
Plusieu7*s membres, — Rélies ! Réties ! {Nouveau bruit,)
M. Gambetta. — Citoyens, il est impossible... {Nouvelles interruptions et bruit,)
Citoyens, est-ce que vous êtes le peuple de Paris? Comment! dans Belleville, dans Paris, la démocratie républicaine est réunie, et voilà le spectacle qu'elle donne! Et vous vous prétendez dignes de la liberté!
Je vous rappelle au respect de vos concitoyens ; je vous rappelle au respect de vous-mêmes! {Très bien! très bien! — Applaudissements et acclamations prolongées.)
Comment! vous êtes ici dix mille citoyens, et vous seriez dix mille condamnés à Tirapuissance par une poignée d'énergumènes? Croyez-vous que ce soit ainsi qu'on fonde les mœurs d'une déniocratie véritablement maîtresse d'elle-même? {Nouveaux applaudissements. — Un coup de sifflet se fait entendre,)
Citoyens, celui qui siffle est un lâche. — {Oui! oui!
— Vive adhésion. — Mouvement,) Voix nombreuses. — Parlez ! parlez !
M. Gambetta. — Je ne demande qu'à parler ; je ne demande qu'à vous dire la vérité. (Tumulte,)
Silence aux braillards! silence aux gueulards! silence à ceux qui n'ont ni pudeur ni conscience! {Oui! oui! Bravos et acclamations, — Cris répétés de : Vive Gambetta!)
Comment! je viens ici!... Comment! vous seriez impuissants à rétablir Tordre et à assurer la liberté de la tribune? Et vous voulez que demain, quand Paris lira le compte rendu de cette réunion, que la France vous jugera, vous voulez qu'on dise que vous n'avez pas les mœurs de la liberté, que vous n'avez que celles