JUIN ISMI
indigne ou sur une tête obscure, vous pouvez être convaincus que, toujours et nécessairement, vous verrez une grande masse s'égarer qu*il eût fallu recueillir, vous verrez des esprits s*enflammer et s'exaspérer qu'il eût été fort simple de maintenir dans la ligne droite.
Et alors vous voulez que je me taise, que je ne dise pas à mes amis, qui sont au pouvoir, sans empiéter sur leur indépendance qui est entière, car si elle n'était pas entière, c*est ma confiance qni ne le serait pas!... [Bravos et applaudissements prolongés à gauche et au centre), vous ne voulez pas que je leur dise : Oui, il y a un intérêt supérieur qui s'impose ; oui, il y a one raison d'État qui ouvre et dessille les yeux les plus obstinément fermés ! C'est que, dans un pays de suffrage universel, de disputes ardentes dans les comices électoraux, il y a un moment où, coûte que coûte, il faut jeter le voile sur les crimes, les défaillances, les lâchetés et les excès communs. ( Vifs applaudissements.)
Que vient-on \ous dire?
On vient vous dire que c'est une politique de capitulation et de faiblesse! Et si je regarde d'où part le reproche...
Un membre du côté droit. — A gauche î
M. Gambetta. — ... je me dis : Est-ce que, au contraire, vous ne sentiriez pas, avec la clairvoyance de Fennemi, que cette mesure est, en réalité, une mesure de groupement et de concentration? [Bracoset applaudissements au centre et à gauche.)
Elst-ce que vous ne verriez pas que cette mesure, il fallait la prendre avant les élections, et, que, du moment qu'il fallait la prendre avant les élections, il faut la prendre le plus tôt et le plus loin possible des élections? (Nouveaux applaudissements sur les mêmes bancs.)
Et pourquoi ? Pour vous empêcher de l'exploiter I {Nouveaux et plus vifs applaudissements.)
Messieurs, j'étais dans celle Chambre, à celte tribune, il y a bientôt onze ans : on discutait sur le point
ii CHAMBRK DES DEPUTES.
de «ivoir s'il fallait faire le plébiscite ; je m'expliquai avec le respect qu'il convenait d'apporter dans un débat de cette gravité, de cette importance, mais avec la franchise et la pleine liberté de langage dont je croyais devoir honorer mes adversaires, parmi lesquels le plus illustre est ici, et me fait l'honneur de m'écouter. Eh bien, avant cette consultation solennelle, redoutée par les uns, appelée par les autres, et qui, quant à moi, Messieurs, me paraissait légitime si elle se fût développée dans d'autres circonstances et avec d'autres règles que je demandais ici môme, — je me le rappelle, et ce sont de tels enseignements qui font celle politique mesurée, calculée, dont je ne me départirai jamais, quelques railleries qu'on lui puisse adresser, — je disais : Consultez le pays, interrogez-le, mais avec certaines garanties et surtout en précisant vousmêmes les questions. Je craignais qu'on ne posât au pays cette alternative terrible d'avoir à choisir tout ou rien, do choisir entre le Gouvernement et l'anarchie, de choisir entre la stabilité et le désordre, entre rester sur place ou faire un saut dans les ténèbres. J'avais raison» et non seulement on ne formulait pas les questions avec la précision et les garanties que je réclamais, mais, avant cette formidable épreuve qui est venue tout ébranler comme un arrêt du destin et dont nous subissons encore les terribles mutilations, avant cette redoutable consultation, que s'élail-il passé?
Je ne sais qui il faut accuser, ni même si, à celte distance, il convient d'accuser quelqu'un. Ce qui se passa, le voici : On inventa un complot, on machina une conspiration, on la jeta devant la France effrayée, on lui en montra les desseins, les complices, lesagenls, et l'on surprit, et l'on faussa le caractère du verdict.
Happelez vous. Messieurs, que si vous ajournez ramnislie jusqu'à la veille des élections de 1881, on oxpioili»ra le pardon accordé aux gens de la Commune ronune un complot, comme une sédition; on épou-
ti JCIN lam. u
vantera la France, en lui présentant les dangers do retour d'hommes chargés de crimes, eouveris de sang, altérés de vengeance;' tandis que, si vous faites ramnisUe aujourd'hui, il en sera comme des prédictions sinistres qu'on faisait sur le retour des Chambres à Paris.
Je ne puis pas oublier, à ce sujet, que l'honorable préopinant qui descend de la tribune votait, contrairement à Tavis de certains de ses amis, le retour à Paris, parce que, suivant lui. ce retour devait être le point de départ d'une série de déchirements intérieurs. (Applaudistemenis à gauche et au cenire.-
M. Paul de Cassaghac. — Attendez la fin! Xoos verrons qui rira le dernier.
M. Gambbita. — L'expérience est faite ; le calme et la sagesse du peuple de Paris ont répondu à ces prophéties plus ou moins intéressées.
Messieurs, Texpérience aussi répondra sur la question de l'amnistie.
Pans quinze mois, quand nous reviendrons devant nos électeurs, devant le suffrage universel, nous pourrons le prendre à témoin que. depuis le jour où vous avez volé Famnistie. Foubli, le pardon, le silence, se sont faits sur la guerre civile. Voilà pourquoi je trouve l'amnistie opportune : voilà pourquoi •je l'ai conseillée. Trèt bien! très bien!
J'ajoute que je crojais qu'il n'y aurait dans cette enceinte aucune protestation. Permettez-moi de vous le dire, avec une entière sincérité: je ne prétende pa« que ceux qui blâment le Gouvernement, qui trouvent la démarche hâtive, prématurée, peuvent, sans injure, être appelés des oriéanistes. Non. c^i^ux qui parient aujourd'hui et ceux qui écrivent, qui rédigent ce« motions présentées à la tribune, devant tous, et dont l'un, avec le nom qu'il porte si dignement, mérite plu^ que nos sympathies, mérite notre gratitude,.. ' Hrat^n wur les borna de la gauche^... celui-là et ses amis peo-
vent n'être pas d*accord avec nous sur divers points, mais je sais ce que valent, en réalité., aux heures de péril, les hommes modérés et fermes. {Applaudissements sur les mêmes bancs.)
Nous avons entendu, dans une interruption très légitime, Thonorablc comte de Choiseul nous dire : Nous avons fondé la République ensemble!
Nous ne Toublions pas, personne n*a le droit de l'oublier; car, je le répète, ce serait une noire ingratitude. (7m bien/ très bien/)
C'est en effet grâce à ces concours ardents, patients , dévoués, que nous avons pu traverser le défilé des dix années que nous avons derrière nous; mais aussi, c'est pour cela que, arrivés de l'autre côté de la passe sinistre, je dis à ces vaillants des bonnes et des mauvaises heures : Quittez tout souci, restez avec nous, surtout dans cette mesure de pardon et de clémence. Et pourquoi rester avec nous? Par cette raison très simple que vous avez été à la peine et qu'il faut que vous soyez à l'honneur. {Applaudissements répétés sur un très grand nombt^e de bancs,)
Oui, il faut que vous soyez à l'honneur, — je dis l'honneur, car c'est l'honneur du Gouvernement républicain à côté duquel je suis, d'avoir pu, en matant les factions, fonder la République, ramener les Chambres dans Paris, décréter successivement la rentrée; sur le sol national des hommes compromis dans nos discordes. C'est l'honneur, la force de ce Gouvernement, et il a bien le droit, au nom de la République, au nom de la France, de vous dire : « J'ai la garantie et le dépôt de l'ordre et des libertés nationales dans les mains, ayez confiance en moi, marchez avec moi. »
Oui, ce gouvernement a le droit de tenir un tel langage, et permettez-moi de vous le dire, vous avez le devoir de réfléchir, vous avez le devoir, que vous avez exercé en bien d'autres moments, de descendre au fond <ie vos consciences, de vous mettre en présence des
n SUIS iwo. «s
conséquences, des avantages de la poliUqoe de concorde qui est aujourd'hui devant vous, et de vous poser ce dilemme : Oui ou non, devons-nous consentir à faire l'amnistie ?
Votre réponse est : Oui! n'est-ce pas? Personne ne se lève dans cette assemblée qui ose dire : Non! jamais nous ne ferons Tamnisiie ; il faut persister dans une politique implacable, qui ne connaît que des fautes inexpiables.
Il faut donc faire l'amnistie, eU par conséquent, U seule question politique qui se pose et qui s'impose à l'attention du Parlement est celle-ci : £xisle-t-îl un moment plus favorable pour la faire? (Applaudissements prolongés à gauche et au centre.) Je dis qui! n>n existe pas! Pourquoi?
Parce que si le pays, — et je pense avoir étudié avec soin la marche des esprits, — est résolu à ue pas se payer d'apparences, à ne jamais céder aux impatiences, aux ardeurs, même légitimes, des uns, il est résolu aussi à ne pas laisser passer les heures propices des grandes mesures. J'ai écouté le pays, je Fai suivi, je l'ai vu dans ses diverses manifestations électorales.
Et où est donc l'opinion publique , si elle n*est pas dans ces rendez -vous, si elle n'est pas dans ces consultations, solennelles à tous les degrés, où les électeurs donnent l'opinion de la France?
Après avoir écouté, interrogé le pays, je suis arrivé à cette solution : Non, la France n'estpas passionnée pour l'amnistie, elle n'y apporte ni ardeur ni enthousiasme, elle sait ce que lui a coûté cette série de crimes; elle sait quelle a été la rançon de cette folie inoubliable ! Non, elle n'est pas passionnée pour Tamnistie, et, si elle n'avait qu'à prononcer un arrêt, il serait hien vite écrit en caractères ineffaçables.
Mais, Messieurs, si la France ne subit pas d'entraînement vers l'amnistie, elle éprouve un sentiment que les hommes politiques doivent enregistrer : c'est
celui de la lassitude... {7rès bien! Applaudissements à gauche), elle est fatiguée , exaspérée d'entendre constamment se reproduire ces débats sur Tamnistie, dans toutes les questions, à propos de toutes les élections, de toutes les consultations électorales, et elle dit à ses gouvernants et à vous-mêmes : Quand me débarrasserez-vous de ce haillon de guerre civile? (iffravos à gauche,)
Je ne sais pas quelle pensée a agité le cœur des ministres, mais je veux ouvrir le mien, et je demande non pas à mes amis dans cette Chambre, non pas h des adversaires politiques , d'exprimer ce qui est le fond de leur sentiment, mais je demande à ceux qui, en dehors de cette enceinte, ont encore peut-être plus d'inquiétude et d'appréhension que vous-mêmes, je leur demande : Mais où est donc le bénéfice d'une résistance plus prolongée à une mesure pareille? (Applaudissetnents à gauche,)
Voulez-vous monter à celte tribune ou à une autre, ol venir déclarer devant le pays que vous résisterez à oolte mesure uniquement pour résister? {Très bien! 6w bien!)
Je le sais. Messieurs, il y a deux politiques, il y en a ou de tout temps, il y en aura toujours deux, parce que le mouvement de l'esprit humain est ainsi fait :il porto les uns à l'innovation, à la marche en avant, à l'affirmation toujours plus audacieuse vers le progrès, vorn lu conquête et vers la réforme, il retient les autres qui, par tempérament, par qualité d'esprit, — car oVst souvent une qualité, il y a plus de suite dans les o^prils qui résistent, — sont au contraire pour le staiionnomont« pour le calcul longtemps balancé avant la résolution* J'aime ces deux esprits, et je les respoiio.
Mais que voulez-vous? vous allez peut-être m'accuser d'opportunisme! je sais que le mot est odieux... {SourifTs); pourtant je pousse encore l'audace jus-
qu'à afOrmer que ce barbarisme cache une vraie politique {Applaudissements), que c'est en s'inspirant de la générosité des uns et de Tesprit d'examen des autres quïl faut se décider. Et alors, étant face à face avec les difficultés, je dis à ceux-ci : Vous touchez à la réalisation d'une mesure qui peut-être aurait été facilitée si elle eût été entourée, dans les réclamations qui se sont produites, de plus de mesure, de plus de sagesse. Et aux autres, je dis : Le moment est venu de se résoudre; ne voyez-vous pas entre vous et ceux qui ne sont pas des anarchistes de profession, qui ne sont que de purs démagogues, que des fauteurs de désordre : ne voyez-vous pas entre eux et nous une armée compacte de braves gens, d'électeurs honnêtes, sincères, qui, troublés et égarés, considèrent l'amnistie comme le retour aux plus détestables doctrines?
Ne sentez-vous pas qu'il est nécessaire d'aller à eux, de les rassurer et de leur dire : La République, c'est le gouvernement qui est le plus fort de tous les gouvernements connus contre la démagogie. Pourquoi? Parce qu'il ne gouverne et ne réprime ni au nom d'une famille ni au nom d'une maison, mais au nom de la loi et de la France. [Bravos et applaudissements répétés à gauche et au centre. )
Quand j'ai eu examiné l'état mental de mon pays, quand j'ai eu constaté cette lassitude qui fait que la question n'est pas mûre, — je vais employer un mot vulgaire, — mais qu'elle est pourrie! (mouvement), quand j'ai eu fait cet examen interne, j'ai jeté un regard au dehors, et qu'est-ce que j'ai vu?
Il y a quelques mois encore, l'Europe était inquiète ; elle jugeait ces mesures prématurées; elle les condamnait, elle disait par ses organes les plus accrédités que l'heure n'en était pas venue.
Oh ! moins que personne je suis porté à aller chercher chez l'étranger la règle de nos décisions intérieures; mais enfin vous n'êtes pas une puissance
insulaire, vous ne vivez pas entre le Pacifique et l'Atlantique sans toucher à personne; vous êtes au milieu de monarchies séculaires, respectées, vénérées, dont votre premier devoir est de considérer les susceptibilités et les appréhensions. C'est à ce patriotisme républicain ainsi compris que vous devez déjà de voir donner son vrai rang, sa vraie place dans le concert européen à un État républicain si considérable et si nouveau, qui met la plus vieille nation de l'Europe et 40 miljions d'hommes en mouvement sous la seule influence de Topinion publique. {Applaudissements répétés à gauche et au centre,)
Oui, il a fallu examiner l'état de l'Europe et savoir ce qu'elle pensait. Eh bien, quand on s'est livré à cette enquête, toujours délicate, toujours un peu inquiète, et quand on rencontre devant soi des esprits courtois, ouverts, disposés, sous l'influence des leçons du malheur, sous l'influence des leçons de la fortune, à sentir que la France se refait et se restaure sagement, fortement, pacifiquement; lorsque, dis-je, on rencontre des hommes aussi avisés, solidaires d'un certain ensemble européen , et qu'on a la bonne foi^ tune de pouvoir les interroger, il faut faire grand état de leurs réponses.
Eh bien, Messieurs, il n'est pas douteux, — cela faisait peut-être aussi partie de l'opportunisme, — il n'est pas douteux que, il y a six mois, les réponses n'étaient pas bonnes.
Aujourd'hui, vous avez rencontré le crédit et la confiance, au point de vue de vos ressources, de votre fortune matérielle ; vous êtes en train de retrouver le crédit et la confiance, au point de vue de votre puissance morale et de votre stabilité politique. [Applaudissements,)
Quels sont donc maintenant sur cette question les sentiments de l'Europe? Je les ai recueillis, je les ai enregistrés. L'amnistie, nous dit-on, vous pouvez la
il JOX
faire : elle n'effraye plus IToiope et elle v«}^ sera beaucoup. Appimméasfamemf* frUimpa,
Je crob. Messieurs, que je tûib devais ces sioos, je crois que je tous devais o&Oe ^ciaftê TOUS les ai apportées sineèreiDeiit et lif ii ^ mii ni mon caractère persi>nneL ave»? oK-a caractère maodataire du peuple, et c'est pir là qve >*^ ;iri
Oui, je représente ici. et d>pais iaatM ^îoie le quartier de Paris où la déa^jtcratâe £a pîs^ -n-TiBÉr et la |dus ardente tient à la focs ses atéâsTs ei k» assises, les uns pour traTaîLer. les astrcï^ ywr ^eorser. Elle a été très s4i«iTeat« — *t^ Ta été em^^ee aujourdliui et elle le sera demain. — càjrjm^iét^ mai. comprise, mal juçée.
Ce n'est pas à moi. qui sois sHk iiâHe jggrèienlagu et son plus TÎeox lutteur. qaH faol a^^rurt?^ si «e» défaillances, ni ses entraiDeflnents. Ma» H t a ^gut chose i laquelle je tiens^ c'est â la lâbfitTXÀ é^ ^sMk jugement. Ds sarent, lâ-lia«t. qw je aie k:» ai jaaaû ni flattés, ni tr«>mpés.
Hier, ils ont fait une faote. Mais. MesK^mri. ««(-<& que TOUS voudriez m^tr? en baiaaoe cttte CaoBbe av^r l'intérêt dont tout i llieare fes-^jai» «(^ !•:«» laÔRr apprécier la force : la qiie?§ti->o de Tazn^i^tûr? Et rus: Toyez-Tons pas que dans cette popslaîk-it ^ ftiîIi»-riLé: on on a répandu toas les feiaients «t tAiEftef &» «xâtalions, il t a des lioauBes. — ^ le^ tfjmsi^. — ^nai se disent partisans de Tainniitie et q^ t^ujimu pécher? Trfskiftm! tna^^! — iV m^^id
Eh bien ! je tous le dî*. Féfc^iivn dé Irttf^mt^ ^'*tt la dernière manœorre d'an parti da^-^ Sa r^n iCitfSii(£ on Ta briser l'arme nécessaire et «sS^ïse. L éier.tsisat de TrinqueL de Trinquet qm^ hitusz^i^^esa^*^ a été gracié, de Trinquet qui a pavé p^-cr aekoicv'^^ ^ i.i !«*• de Trinquet qu'on appelait t/>fjt â llkMïre le zalérâflu de Trinquet, — je peux bien le dire aT<»r L* ietiuflKflt de ce que Tant ici on paiefl téfl&oîcnas. — de Tri»-
30 CHAMBSE DES DEPCTIS.
quel qo*on eût dû faire reTenir pins lèU car il était de ces galériens qui sont allés ao bafirne, non pas pour les crimes qu'ils aTaient commis, mais pour la solidarité qu'ils avaient acceptée et que d'autres, plus heureux, plus habiles, avaient déclinée par la fuite... {Applaudissemenls.)
Dans un quartier de Paris où ses amis se trouvent encore, où sa femme, son fils tendent tous les jours les mains vers leur époux, vers leur père, est-ce qu'il était possible, est-ce qu'on pouvait humainement croire que les compagnons, que les voisins, que les amis ne prêteraient pas les mains à ceux qui venaient leur dire que le vrai moyen de faire revenir Trinquet, c'était de le nommer conseiller municipal? Est-ce que vous pouviez empêcher que cette propagande réussît? Est-ce que vous ne sentez pas que vous devez couper court à de pareilles suggestions et à de semblables entraînements! [Très hiem! irès b^T]
Non, Messieurs, lorsqu'on voudra examiner cette minuscule question de Télection du Père-Lachaise, je ne pense pas que, ni ici ni ailleurs, on puisse en faire un argument sérieux contre la mesure nécessaire, la mesure d'État, la loi politique qu'on vous propose.
On a dit, et on a dit avec raison. — cela saute aux yeux, — que le 14 juillet étant une fête nationale, un rendez-vous où, pour la première fois. Tarmée, orgueil légitime de la nation, se trouvera face à. face avec le pouvoir, où elle reprendra ces drapeaux, hélas! si odieusement abandonnés... [Bravos et appiaudîssetnents prolongés).,, oh! oui, il faut que ce jour-là, devant la patrie (\ouceaux applaudissements), il faut qu'à la face du pouvoir, en face de la nation représentée par ses mandataires fidèles, en face de cette armée, « suprême pensée », comme disait un poète qui, lui aussi, dans une autre enceinte, devant tout le monde, avait plaidé la cause des vaincus (Applaudissements), il faut que vous fermiez le livre de ces dix années, que vous mettiez la