‹ Discours et plaidoyers politiques de M. Gambetta; (volume 4)Chapitre 10 sur 50 · I^YON · texte numérisé non relu

I^YON

Eh bien, avec une paroille majorité nous allons traverser ces quatre ans dans un calme parfait, assurant ainsi aux travailleurs des champs, de l'atelier, de l'usine, aux hommes d'affaires, aux savants, aux artistes, aux penseurs, ce qu'ils réclament avant tout, la tranquillité, et, après avoir passé ces quatre années, quand nous aurons démenti les prédictions sinistres des hurleurs à gages [Bravos) ; quand nous aurons établi la consistance et la ferme union du parti républicain, quand nous aurons montré à tous que cette sagesse n'était pas une sagesse d'un jour, mais un ferme dessein que rien ne pourra ébranler ni faire fléchir, alors la République française sera non seulement fondée dans le pays, mais elle sera inébranlablement ancrée dans les sympathies du monde. (Applaudissements et acclamations enthousiastes. — Cris répctés de : Vive la Itéimblique! Vive Gambetta!)

Le lendemain, 29 février, un grand banquet réunissait dans les salons de l'hôtel Collet, M. Gambetta, MM. Le Royer et Edmond Adam, sénateurs ; MM. Ordinaire, Millaud, Durand, Andricux, Varambon, députés du Rhône; M. Christophle, conseiller général de la Drôme-, MM. Terver, Million, Falconnet , Guyot, conseillers généraux; des conseillers d'arrondissement; les membres du Conseil niunicipal de Lyon ; un grand nombre d'avi»cats du barreau lyonnais, des professeurs des Facultés et lycées de Lyon, des membres des conseils des prud'hommes, des anciens conseillers municipaux, des représeiitanls de la presse parisiemic et lyonnaise, des notabilités du monde commercial, industriel, financier, et un grand nombre de citoyens connus par leur dévouement à la cause républicaine, tous, d'ailleurs, présents la veille à la grande réunion du quai d'Àlbret.

Au dessert, MM. Chavanne et Terver portèrent les toasts suivants:

M. LE DOCTEUR Chavanne, p'c'Si'dcnt du Conseil munid'pal de Lyon. — Au nom de la démocratie républicaine de Lyon qui est encore toute pénétrée de la grande parole (ju'elle ap-

plaudissait hier, je porte un toast à notre hôte si sympathique, au grand patriote qui n'a pas désespéré du salut de la France dans un moment terrible, au grand politique qui a su prépai'er le triomphe que nous saluons aujourd'hui, à l'illustre orateur, à M. Léon Gambetta ! {Assentimenl unanime e( bravos inolongés.)

M, Terver, préside7it du Conseil yénéral du Rhône. — Permettez-moi, Messieurs, d'ajouter quelques paroles au toast que vous venez d'entendre.

A mon tour, je désire porter 'un toast, au nom de la démocratie du département du Rhône, à l'éminent, à l'illustre interprète des idées républicaines. C'est grâce à ses efforts que les monarchistes n'ont pu voir se réaliser la désunion dans la grande famille des campagnes et des villes; cette désunion n'a pas eu lieu, et, grâce au courage et à l'éloquence de notre grand citoyen Gambetta, nous pouvons aujourd'hui célébrer l'union à jamais indissoluble des campagnes et des villes. {Très bien! très bien! — Applaudissements répétés.)

M. Gambetta. — Messieurs et chers amis, en me levant pour répondre aux paroles cordiales et fraternelles qu'on vient de m'adresser, au nom de la ville de Lyon, au nom du département du Rhône, associant ainsi, comme on le disait si bien, les populations rurales aux populations urbaines dans un pacte d'alliance entre toutes les fractions de la démocratie française, — en me levant, dis-je, pour répondre à ces paroles qui n'ont à mes yeux qu'un défaut, d'être trop flatteuses pour l'homme, mais que j'accepte avec reconnaissance comme un encouragement pour l'avenir, comme une récompense pour le passé, moi aussi, j'ai un toast à porter et, en levant mon verre, je bois. Messieurs, à la démocratie lyonnaise tout entière, sans distinction de nuances et d'opinions, sans distinction vaine de personnes ni de sectes, dans la cité et dans le département, {Applaudissements.)

Je bois aussi, au milieu de vous, Messieurs, au but que je cherche à réaliser toujours, à la concentration

Page 1